Instituée en 2011 par l’ancien président de la République Ali Bongo Ondimba, puis, renforcée en 2016, la journée citoyenne était sensée être un levier de résilience écologique urbaine, qui transforme l’engagement citoyenne individuel en une responsabilité partagée face à la question de l’insalubrité galopante de Libreville et des autres villes du pays. Malheureusement, plus de quinze ans après, cette journée est restée figée dans son idéal de création. Constat sur une mesure usitée au feeling des intérêts !
Si à travers le temps, elle résiste à l’usure et tente tant bien que mal de s’affirmer à l’occasion de quelques actions sporadiques, son essence n’y est plus. Perverti par le laxisme et la politisation qui incarnent les projets publics au Gabon, la journée citoyenne n’existe plus que de nom. Ce projet censé être un catalyseur de changement pour la salubrité de Libreville surtout, a échoué à sa mission.
Habitants, institutions, administrations, agents municipaux, entreprises, ONGs et autres acteurs n’ont pas su, plus de quinze ans après, s’approprier cette belle initiative. Or, le rappelait si bien un ministre de la République : « il est important que tout citoyen puisse se conformer à cette obligation républicaine, qui voudrait que, chaque premier samedi du mois, chacun à son niveau, puisse s’impliquer dans l’assainissement de son environnement (…)».
Lorsque l’on se prête à une observation, force est de constater que cette exigence n’est pas respectée. Les gabonais, pour la grande majorité, n’ont pas vraiment assimilé le sens profond de cette journée, encore moins compris les enjeux derrière cette mesure, chacun l’exploitant au gré de son image et ses volontés politique et citoyenne. Or, c’est sur la base de ce type d’initiative que les pays tels que le Rwanda ont réussi à devenir des modèles africains en matière de salubrité. Le Gabon, lui, se contente des beaux slogans sans jamais passer réellement à l’exemplarité.
Dans les quartiers, les auxiliaires de commandement que sont les chefs ne font pas fi de cette mesure, laissant chacun libre cours à ses actions face à cette responsabilité censée être partagée. Mais si le Gabon échoue à implémenter cette mesure, c’est peut-être parce que nous sommes, peut-être, foncièrement connectés à l’insalubrité. Cela fait peut-être partie de notre ADN.
Michael Moukouangui Moukala






