Alors que s’ouvre ce mardi 7 avril 2026 le sommet mondial à Lyon, en France, sur l’approche One Health, le webinaire organisé le 3 avril 2026 par le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN), en partenariat avec Galien Africa, autour du thème « De la déclaration à l’action : vers des systèmes intégrés santé-environnement-nutrition, pour répondre aux crises globales », a posé les bases d’une meilleure compréhension de cette approche et de son lien avec le vivant.
Très vulgarisée mais parfois mal connue du public, même dans le domaine de la presse, ce webinaire qui a réuni experts et scientifiques de renom dans des spécialités variées, ainsi que des journalistes du continent, a été l’occasion de lever l’équivoque sur cette approche et de mettre en perspective le lien qu’elle établit entre la santé, l’environnement et la nutrition afin de répondre aux défis globaux. Au centre de ces perspectives : l’accès aux médicaments.
Dans un continent où la charge épidémiologique est assez forte (70 %), 80 % des médicaments sont importés, alors que le continent ne produit que 20 % de ses médicaments. Cette sous-production pose un problème d’adaptation aux crises sanitaires et amène le continent à envisager de nouvelles solutions, mieux adaptées aux situations. « Ce que nous ne mesurons pas, nous ne finançons pas. Ce que nous ne finançons pas, nous ne pouvons pas résoudre », estime Gerry Gimaiyo, directeur Santé pour la Fondation Rockefeller.
Cette vision du financement des actions de santé est pertinente, puisqu’elle illustre le lien étroit entre financement et recherche de solutions, notamment dans les domaines de la santé et de l’environnement. La crise de la Covid-19 en a été un exemple frappant. Cela dit, explique la présidente de la Fondation congolaise pour la recherche médicale, Professeur Francine Ntoumi, « la souveraineté sanitaire ne se décrète pas. Elle se construit dans nos laboratoires, dans nos universités, dans nos politiques publiques, pour des impacts concrets et mesurables ».
Dans le domaine de l’élevage, ces insuffisances ont des répercussions sur la production, avec un usage parfois abusif des antibiotiques. Intervenant à cette occasion, le Professeur Cheikh Mbow, spécialiste en télédétection, SIG et changement climatique, ainsi que directeur général du Centre de suivi écologique (CSE) de Dakar, au Sénégal, a insisté sur l’urgence de renforcer l’information et la sensibilisation pour un usage approprié des antibiotiques. Par exemple, chez les volailles, constate-t-il, « l’utilisation inappropriée des antibiotiques accroît la résistance », soulignant par extension une menace croissante pour la santé publique mondiale.
Il a notamment alerté sur les pratiques à risque observées dans le domaine de l’élevage : « Nous avons malheureusement constaté que l’utilisation inappropriée des antibiotiques chez les volailles et les animaux accroît la résistance », a-t-il déploré, soulignant une menace croissante pour la santé publique mondiale. Face à cette situation, il a plaidé pour une approche concertée impliquant à la fois les professionnels de santé humaine et animale afin de travailler ensemble pour réussir les actions de sensibilisation.
Cette dynamique collaborative s’inscrit pleinement dans l’approche One Health, qui promeut une vision intégrée de la santé reliant l’homme, l’animal et l’environnement. Pour concrétiser cette approche et l’adapter au mieux aux réalités africaines, estime le Professeur, « les universités ne doivent plus mener des recherches isolées de la réalité des pays. Elles doivent travailler avec les producteurs et les praticiens pour développer des outils utiles, appropriés et abordables ».
Le Sommet de Lyon, qui s’ouvre ce mardi 7 avril et auquel prendront part plusieurs délégations africaines, doit permettre de faire émerger ces positions qui cadrent avec une vision partagée à travers le continent.
Séraphin Lame






