Le tourisme gabonais est sous le feu des projecteurs ces dernières années, mais son développement reste fragile. Pour Chesly 241, Promotrice touristique, culturelle et opératrice économique, l’absence de continuité administrative et de concertation avec les acteurs locaux constituent le principal frein à une croissance durable du secteur. Son diagnostic, partagé par d’autres experts et responsables publics, souligne la nécessité d’une stratégie stable et un dialogue structuré entre l’État et les professionnels.
« Lorsque cette continuité fait défaut, en cas d’alternance ministérielle… c’est toute la chaîne de valeur qui en subit les conséquences », fait constater Chesly 241. Elle insiste sur le fait que le développement du tourisme nécessite une planification, des infrastructures, la promotion et formation des acteurs, des efforts qui ne peuvent s’inscrire dans la seule durée d’un mandat ministériel. Selon elle, chaque rupture stratégique efface des années de travail, freine les investissements et décourage les initiatives locales.
Pour Chesly 241, cet essor repose surtout sur l’engagement des acteurs privés : « Cet essor n’est pas le fruit du hasard, c’est le résultat de nombreuses années de travail acharné mené par des opérateurs passionnés : agences, guides, promoteurs culturels, hôteliers, artisans, créateurs d’événements ». Malgré l’absence de continuité administrative, ces professionnels ont su maintenir la dynamique et promouvoir le Gabon comme une destination touristique exceptionnelle.
Son propos est renforcé par l’analyse de Christian Mbina, ancien directeur général de l’Agatour et Expert du secteur : « le tourisme peut et doit être un levier économique capable de générer des revenus directs pour les populations locales et soutenir le développement des infrastructures ». Ce dernier souligne, comme Chesly 241, que ce potentiel reste sous‑exploité en raison de problèmes structurels et d’un manque de vision stratégique durable, confirmant la pertinence des observations de la profession.
Du côté des institutions publiques, le Ministre du Tourisme Durable et de l’Artisanat, Pr Marcelle Ibinga Épse Itsitsa, a déclaré à l’occasion d’une rencontre d’échanges avec les opérateurs économiques du secteur hôtelier que : « Pour développer durablement le secteur, il est indispensable de capitaliser sur les acquis existants et d’associer pleinement les professionnels dans l’élaboration des politiques, en s’appuyant sur des partenariats public‑privé solides et une concertation continue ». L’analyse de cette déclaration montre qu’elle confirme et renforce le point de vue de Chesly 241 car la réussite du tourisme ne dépend pas seulement de la volonté politique ponctuelle, mais de la continuité, de la reconnaissance des acteurs locaux et de la coopération étroite entre public et privé.
Chesly 241 résume ainsi sa conviction : « un secteur comme le tourisme ne peut se développer durablement que dans un climat de confiance et de reconnaissance mutuelle entre l’État et les acteurs privés ». Son diagnostic, soutenu par d’autres voix du secteur, montre que le succès du tourisme gabonais dépend moins des changements politiques que de la stabilité administrative des initiatives et mesures prises, et de la valorisation des initiatives locales.
Wilfried Mba Nguema






