Alors que le Gabon, par le canal de Pacôme Kossy, ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural, prend part à Rome en Italie depuis le ,9 au à la 49e session du Conseil des gouverneurs du Fonds international de développement agricole (FIDA), à Libreville, l’écho de cette participation muri moult espoirs chez les producteurs agricoles qui espèrent que le pays captera des financements pour mieux structurer les politiques annoncées.
Le FIDA est une institution spécialisée des Nations unies qui soutient des projets en faveur des populations rurales vulnérables, en mobilisant des financements et en apportant un appui technique pour renforcer la productivité, structurer les chaînes de valeur et promouvoir une agriculture résiliente face aux changements climatiques.
Engagé dans une dynamique de changement de paradigme dans le secteur l’agronomie, cette session représente une opportunité pour le Gabon de consolider ses partenariats techniques et financiers. En marge des travaux, plusieurs rencontres bilatérales sont annoncées, avec en ligne de mire des projets structurants pour la transformation agricole et la souveraineté alimentaire nationale.
Entre attentes citoyennes et exigence de résultats
Sur les réseaux sociaux, la participation du Gabon à cette 49e session a suscité de nombreuses réactions. Plusieurs internautes appellent à une meilleure traduction des engagements internationaux en actions concrètes sur le terrain. « Les agriculteurs attendent les nouveaux projets du FIDA au Gabon, même si les anciens projets n’ont pas été productifs faute de suivi-évaluation », estime Biweni D., qui évoque également des lourdeurs administratives et des difficultés d’accès au financement. Il plaide pour un « changement de paradigme » permettant un financement plus direct des coopératives, qu’il juge aujourd’hui mieux structurées.
D’autres voix insistent sur la nécessité de redynamiser l’administration agricole dans un contexte de décentralisation. « Les provinces manquent de personnels et de techniciens compétents pouvant impulser des initiatives locales productives et structurées sur la chaîne de valeur agricole », souligne Moctar A. M. N., mettant en avant la question des ressources humaines comme maillon essentiel de la performance du secteur.
La question de la redevabilité publique revient également avec insistance. « Au retour de chaque mission à l’étranger, il est essentiel de faire le point devant les citoyens. Quels partenariats concrets ont réellement été conclus ? Quelles sont les dates effectives de mise en œuvre des projets annoncés ? », interroge Ef E., appelant à des résultats « visibles, mesurables et utiles sur le terrain ».
Gouvernance, suivi et transformation durable
Ces réactions traduisent un enjeu central, celui de la gouvernance des projets agricoles. Au-delà de la mobilisation de financements internationaux, la réussite des programmes repose sur la qualité du suivi-évaluation, la transparence dans la gestion des ressources et la coordination entre l’administration centrale, les collectivités locales et les organisations professionnelles agricoles.
Dans une logique de développement durable, l’agriculture constitue un levier stratégique pour le Gabon. Elle peut contribuer à réduire la dépendance aux importations alimentaires (500 milliards de francs CFA de dépenses annuelles), créer des emplois en milieu rural et valoriser les ressources naturelles dans une approche respectueuse des équilibres environnementaux.
La participation du Gabon à la session du FIDA s’inscrit ainsi dans une double dynamique, une dynamique diplomatique, par le renforcement de la coopération internationale et une dynamique structurelle, par la recherche de solutions concrètes pour moderniser et transformer le secteur agricole national.
Reste désormais à mesurer, dans les mois à venir, la portée opérationnelle des engagements qui seront pris à Rome et leur impact réel sur le terrain, au bénéfice des producteurs et des communautés rurales.
Wilfried Mba N.






