S’il est de référence que les femmes représentent environ 60% de la main-d’œuvre agricole et produisant près de 80% des denrées vivrières au Gabon, leurs paires membres de l’association Femmes Agritech Innovation veulent, à travers le concours « Le Manganèse des métiers verts » lancé courant cette semaine, accentuer cette représentativité et l’apport des femmes dans le développement agricole du pays.
Pour atteindre leurs objectifs, les membres de l’association Femmes Agritech Innovation ont mis en place un concours dont l’objectif est tout compris : promouvoir l’entrepreneuriat féminin, l’innovation agricole et la valorisation des métiers verts. « À travers ce concours, explique Laetitia Mayaya Missandzou, président de l’association, nous affirmons notre volonté de dynamiser le secteur agricole en orientant les femmes vers des pratiques innovantes et durables ».
L’enjeu est clair : adapter les pratiques agricoles actuelles des femmes aux évolutions pour une meilleure production. En effet, le concours s’inscrit dans une dynamique de transformation du secteur agricole, fondée sur l’innovation et la durabilité. Pour parvenir à des résultats concrets, l’association se propose d’accompagner les femmes dans le développement et la structuration de leurs activités, dans un objectif de renforcement de leur contribution à l’économie nationale.
Pour Camélia Ntoutoume Leclercq, la présidente du conseil d’administration, « ce concours n’est pas une simple remise de prix, mais un engagement fort pour révéler le potentiel des femmes et faire des métiers agricoles un pilier du développement ». Il est en ce sens, un véritable catalyseur de transformation du potentiel des femmes agricoles en levier de concrétisation des initiatives féminines fondé sur la valorisation de leur souveraineté agricole.
Si à la date du 20 avril, a été choisie comme la période de maturité de l’échéance du concours, plusieurs distinctions seront décernées, notamment au meilleur éleveur de poulets, plus jeune éleveur, à l’innovation agricole, au meilleur producteur vivrier et meilleur maraîcher. Raison pour Léod-Paul Batolo, l’administrateur directeur général d’Eramet Comilog, d’inviter les organisateurs à faire de cette initiative, un véritable levier d’accompagnement de la diversification de l’économie gabonaise et de renforcement de la place des femmes dans les chaînes de valeur agricoles.
Cette position est assez forte, puisqu’elle met en lumière la fragilité des initiatives multiformes au Gabon et leur capacité à être des véritables vecteurs de changements dans un pays où beaucoup de choses restent à faire. On peut donc se poser la question de savoir, en quoi l’organisation de ce concours va changer la donne ? Qu’en sera-t-il des lauréats une fois la compétition achevée ? Quel suivi des projets initiés dans le cadre de ce concours ?
Autant de questions qui restent sans réponse, mais qui invitent les organisateurs à penser des projets qui s’inscrivent dans la durée et en lien avec les réalités locales des femmes. Il faut en effet dire que les femmes alimentent depuis des millénaires au Gabon, la dynamique agricole. Elles représentent environ 60% de la main-d’œuvre agricole et produisent près de 80 % des denrées vivrières au Gabon. Dans plusieurs régions, elles sont le socle du développement local avec une conséquence assez considérable dans les flux économiques entre les localités et le reste du pays. La nécessité de penser des projets plus réalistes et pour le long terme reste donc un impératif pour mieux dévoiler le potentiel agricole de ces dernières.
Michael Moukouangui Moukala






