Une récente opération nommée Ekoura et menée par les éléments des Forces de défense et de sécurité, appuyée par le ministère des Mines a débouché au démantèlement d’un réseau d’orpaillage clandestin à Etéké, sur le site dit de Punga, dans la province de la Ngounié.
Au total, 55 personnes ont été interpellées, dont 28 ressortissants chinois, 21 Gabonais, 2 Camerounais, 3 Ghanéens et 1 Burkinabè. Des interpellations qui révèlent l’ampleur structurée et internationale de cette exploitation illégale.
Par ailleurs, neuf (9) véhicules, des engins lourds, près de 480 grammes d’or brut, des moules à lingots, des balances de précision, des armes à feu ainsi que divers équipements d’exploitation ont également été saisis lors de l’opération.
Préjudice environnemental
L’orpaillage, lorsqu’elle n’est pas pratiquée dans les règles de l’art, participe à la dégradation des écosystèmes naturels. En effet, la déforestation, la dégradation des sols et la pollution des cours d’eau à travers l’usage du mercure, une substance chimique toxique et prohibée dans ce cas de figure, mettent en lumière les conséquences néfastes de l’orpaillage clandestin sur l’environnement.
L’orpaillage est une activité réglementée par la loi. L’article 12 de la loi n°037/2018 du 10/06/2019 portant réglementation du secteur minier, consacre que « seules les personnes de nationalité gabonaise sont éligibles à l’exploitation minière artisanale, sous réserve du respect des dispositions des textes en vigueur ». Cette n’est que partiellement respectée en raison de plusieurs facteurs, dont la porosité des frontières nationales et le manque de contrôle régulier.
Préjudice économique
Cette activité illégale n’est pas sans conséquence pour l’économie gabonaise dont la maîtrise des recettes échappe à la comptabilité publique. En effet, alors que le gramme d’Or s’échange autour de 100 à 134 dollars, la perte calculée est estimée à 37 032 357,6 millions de francs CFA rien que pour les 480 grammes d’or brut saisies.
Sur la durée, l’évaluation de ce trafic va au-delà de cette estimation, avec un réel impact sur l’employabilité, le développement local, la maîtrise des recettes dans le secteur des mines par l’Etat.
L’urgente nécessité de renforcer la surveillance
Si à travers l’opération Ekoura, les pouvoirs publics réaffirment leur volonté de renforcer la surveillance des ressources minières nationales et de garantir une exploitation plus rigoureuse et durable des richesses stratégiques du Gabon, des efforts supplémentaires doivent être consentis pour mieux sécuriser le territoire national. Et pour cause, il ne se passe pas un trimestre ou une année au Gabon sans que ce type de trafic soit révélé.
En janvier dernier, il y à peine six mois, quinze trafiquants originaires des deux Congo et un Camerounais ont été appréhendés, en flagrant délit de pratique illicite de l’orpaillage dans une zone forestière locale, à 150 kilomètres de Makokou, dans la province de l’Ogooué-Ivindo. Cette interpellation était le fruit d’une opération conjointe entre la direction technique (DT) de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) et des Forces de sécurité. L’un des points forts de cette arrestation est qu’elle exhumait une problématique bien connue au Gabon : l’épineuse question du trafic transfrontalier des ressources naturelles qui s’opère dans la forêt gabonaise.
La responsabilité, la gestion durable des ressources naturelles nationales interpellent l’Etat sur la nécessité de renforcer les moyens de sécurisation du territoire pour contrer la percée des trafiquants de tout genre.
Séraphin Lame






