Bambouchine, quartier situé dans le 6e arrondissement de la commune de Libreville, continue d’avoir accès à l’eau à l’ancienne. Dans ce quartier, c’est une source mal entretenue qui alimente les envies en précieux liquides des populations. Un contraste avec la vie dite en ville.
Face à un système d’approvisionnement en eau de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) inexistant ou défaillant, les populations de Bambou-Chine n’ont d’autres choix que de recourir à un moyen archaïque pour s’approvisionner en eau. Et, il n’aurait pas fallu de beaucoup aux équipes de Gabon Média Time de mettre en lumière cette réalité qui contraste avec les intentions des dirigeants.
En effet, le principal point d’approvisionnement en eau d’une grande partie des habitants est une petite source naturelle. Un mince filet d’eau qui s’échappe difficilement du sol et dont les habitants n’ont d’autres choix que de faire avec, patientant parfois durant plusieurs heures pour remplir quelques bidons. Une situation qui pèse lourdement sur le quotidien de ces populations qui se disent abandonnées par l’Etat.
Sur place, le spectacle observé est insoutenable, alors que cette situation est révélatrice des failles d’une gouvernance à vue. J.L, un habitant du quartier décrit une réalité hors norme : « à Bambou-chine on souffre du manque d’eau. Déjà il n’y a pas de conduite de la SEEG. Tout le quartier se contente de l’eau qui sort du sol. C’est ce que nous buvons. Je suis né ici là, je grandis ici, aujourd’hui j’ai 30 ans. C’est cette source qui me donne de l’eau à boire ».
Avec l’arrivée de la saison sèche, le calvaire des populations va s’accentuer. « En saison des pluies, le débit est suffisant pour répondre partiellement aux besoins. Mais avec la saison sèche qui s’installe, l’eau devient de plus en plus rare, les gens viennent ici 4h, 3h pour profiter de puiser de l’eau », déplore J.L.
Le plus incompréhensible pour les riverains est la présence d’installations de forage abandonnées à proximité. Envahies par des herbes et visiblement laissées à l’abandon, elles témoignent d’un projet jamais achevé. « Ils ont commencé les travaux puis ils ont arrêté. Nous continuons à dépendre de la source », déplore un habitant. Pendant ce temps, les habitants multiplient les stratagèmes pour récupérer le peu d’eau qui s’écoule encore.
Au regard de leurs difficultés, les populations lancent un appel aux autorités afin que l’accès à l’eau potable figure parmi les urgences. Philippe Tonangoye, le ministre de l’Accès Universel à l’Eau et à l’Énergie, va-t-il entendre ce cri de détresse ?
Séraphin Lame avec Gabon Média Time






