Alors qu’il ouvrait hier, mardi 1er septembre 2026, la deuxième session ordinaire de l’année, le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) via la voix de son Présidée par Guy Bertrand Mapangou, a fait de la question de la reconnaissance des « terres ancestrales et de sites sacrés », une urgence républicaine nationale.
La « Reconnaissance et protection des terres ancestrales et sites sacrés par le droit positif : enjeux et nécessaire régulation » et « l’accès aux soins médicaux : une urgence sociale » était la thématique à l’ordre du jour de la cérémonie d’ouverture de la deuxième session ordinaire du CESEC. Les « Terres ancestrales et sites sacrés », premier axe de cette thématique, interpelle directement la responsabilité républicaine de l’Etat sur une question de souveraineté communautaires. Et pour cause, s’ils possèdent près de 80% des droits coutumiers sur les terres, les peuples autochtones et les communautés locales ne jouissent des droits de propriété légaux qu’à seulement 3%. De plus, la portion de droit qui leur est due fait encore l’objet de tensions pour le développement des projets immobiliers et agro-industriels.
Jeter un regard sur la difficile articulation entre le droit moderne et les droits coutumiers apparaît pour le CESEC comme nécessaire dans un contexte national de crise du foncier. En effet, le sol gabonais, reconnaît Guy Bertrand Mapangou, président du CESEC ne peut être considéré uniquement comme «une ressource marchande», puisqu’il constitue également «le berceau de notre identité». L’institution entend donc examiner comment le droit positif, fondé notamment sur la domanialité étatique et l’exigence du titre foncier, peut mieux prendre en compte les terres ancestrales et les sites sacrés des communautés locales et autochtones.
Cette réflexion, portée notamment par des organisations de la société civile et des représentants des communautés autochtones, devrait également poser la question de la place de la mémoire et des traditions dans la République. Le CESEC va plus loin en appelant à l’instauration d’une Journée nationale fériée dédiée aux ancêtres. Une proposition que Guy Bertrand Mapangou rattache directement au préambule de la Constitution, qui évoque la responsabilité du peuple gabonais devant «Dieu, ses Ancêtres et l’Histoire ». « Il ne s’agit pas donc d’opposer tradition et modernité», a-t-il précisé, mais de rechercher un équilibre entre héritage culturel et modernisation de l’État.
En ouvrant officiellement les travaux, Guy Bertrand Mapangou a donc appelé les conseillers à faire preuve «d’ouverture, de responsabilité et d’exigence». Car, a-t-insisté, le foncier touche à «l’identité, au patrimoine, à la paix sociale et au développement économique», tandis que la santé relève de «la dignité humaine et du droit fondamental à la santé et à la vie».
La Lettre Verte avec Gabonreview






