Parcs nationaux, infrastructures, écotourisme, le Gabon avait défini l’année 2015 comme celle de la matérialisation de son décollage touristique. C’est le projet « Vision » pour le développement d’un tourisme durable au 21e siècle qui devrait permettre d’amorcer ce décollage. Mais faute d’engagement sérieux, et malgré la mobilisation personnelle de feu Omar Bongo Ondimba, cette vision est un échec dix ans après son année butoir.
« En 2015, le Gabon deviendra la première destination mondiale pour le tourisme lié à la forêt tropicale africaine, ainsi qu’un modèle pour les parcs nationaux du vingt et unième siècle ». Voici la ligne qui avait été tracée pour le tourisme au Gabon il y a de cela plusieurs années. Plus d’une dizaine d’années après, l’échec de ce projet retentit dans la mémoire de ceux et celles qui l’ont expérimenté au début des années 2000.
Le projet « Vision » pour le développement d’un tourisme durable au Gabon était une initiative de l’Etat gabonais, mise en exergue sous l’égide d’Ecofac II et III (Programme régional de conservation et valorisation des Ecosystèmes Forestiers d’Afrique Centrale) sous la collaboration de d’autres bailleurs de fonds non identifiés. Ce projet projetait de mettre en place les infrastructures nécessaires à l’éclosion du tourisme national. Des réformes nécessaires à l’articulation de cette vision, ainsi que l’adaptation des environnements économiques et sociaux, nécessaires au cadre d’évolution de ce projet, tout avait été pensé pour que le projet ne soit pas un échec.
Sur la base de ces orientations stratégiques, plusieurs acteurs publics et privés devraient travailler en synergie pour « la construction de l’infrastructure physique et sociale, ainsi qu’à la création des institutions nécessaires, afin d’accueillir un nombre important de touristes de façon non seulement respectueuse de l’environnement mais aussi économique et socialement durable ».
L’enjeu était majeur. L’introduction réussie de « l’Afrique de la forêt tropicale » sur le marché mondial en tant que nouvelle destination touristique posait en ce temps-là, des défis majeurs pour les pays du continent. Pour les relever, la vision nationale du Gabon en matière de tourisme devrait accommoder son but à se conformer à ce marché sur les dix ans de gestation définie, en présentant un modèle de développement touristique viable pour une réussite économique, sociétale et environnementale à long terme.
Si on peut reconnaître la pertinence de l’articulation de ce projet, la Lopé, localité située dans la province de l’Ogooué-Ivindo était l’un des rares parcs à avoir servi d’expérimentation à cette belle vision. Dans la zone de Mikongo à plusieurs kilomètres de la Lopé, perdu dans la forêt équatoriale gabonaise, un projet pilote d’un site (camp) touristique destiné à accueillir des touristes avait permis d’expérimenter la faisabilité de cette Vision. Faute de pérennité, ce projet s’est échoué comme beaucoup d’autres au Gabon. En quête de repère pour relancer le tourisme national, le Gouvernement fait et défait de projet mais sans suite, alors qu’il y a environ deux décennies il avait tous les leviers pour atteindre son but.
Michael Moukouangui Moukala






