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Aménagement du territoire : vers l’établissement de 5 224 titres fonciers

10 février 2026
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Aménagement du territoire : vers l’établissement de 5 224 titres fonciers
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Ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, Mays Mouissi a procédé hier, lundi 9 février 2026, à Libreville, à la remise officielle de 5 224 décisions de cession à la Conservation foncière. Cette procédure marque les premiers pas vers la légalisation des titres fonciers, pivot indéniable de l’aménagement du territoire dans un pays.

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Dans son communiqué, le ministère du Logement a salué une « avancée majeure » résultant, selon lui, d’un travail coordonné entre les services du ministère : l’Agence nationale de l’Urbanisme, des travaux topographiques et du Cadastre (ANUTTC) et la Société nationale immobilière (SNI). Deux entités sur lesquelles repose, in fine, la matérialisation de la politique foncière et immobilière du Gabon.

Cet effort s’inscrit dans une politique de rupture visant l’inclusion sociale par l’accès à la propriété. Cet effort représente, toujours selon le ministère, 18 années de production foncière, alors qu’en 121 ans, le pays n’a produit que 33 000 titres fonciers, soit une moyenne de 237 actes administratifs par an. Un soulagement pour les futurs bénéficiaires qui, de façon pratique, viendra régler une question récurrente au Gabon, à savoir la spoliation foncière qui, cette dernière décennie, n’a cessé de faire l’objet de crispations, notamment au sein de la population.

1 130 cessions foncières pour l’Ogooué-Maritime

Dans cet effort, l’Ogooué-Maritime, troisième province la plus peuplée, qui héberge la capitale économique et dont la population est estimée à 157 562 habitants selon le recensement de 2013, rafle la plus grosse part de cessions foncières concédées, contre 1 092 cessions foncières pour la province de l’Estuaire, en dépit de ses 900 000 habitants. Les provinces du Woleu-Ntem et de la Ngounié ne bénéficieront respectivement que de 545 et 497 cessions foncières, suivies de la province du Haut-Ogooué (372).

Cette inégale répartition peut s’expliquer par plusieurs facteurs, notamment économiques. C’est notamment le cas pour la province de l’Ogooué-Maritime, qui héberge de nombreux projets pétroliers en gisement et en cours d’exploration. Cette réalité expliquerait d’ailleurs l’origine de ses attributions foncières, alors que la province ne représente qu’environ 9 % de la population totale du Gabon, contre l’Estuaire qui concentre environ 50 % de la population totale.

Vers une gestion maîtrisé du territoire

Ces efforts sonnent la fin de l’anarchie et impriment la volonté du gouvernement de mieux organiser le territoire national. En effet, en tant que levier de la politique publique, l’aménagement du territoire vise à organiser la répartition des hommes, des activités, des infrastructures et des équipements sur un territoire afin de corriger les déséquilibres, favoriser le développement durable et améliorer le cadre de vie.

Il se trouve qu’au Gabon, en dépit de l’existence de plans d’aménagement, à l’exemple du Schéma national d’aménagement et de développement du territoire (SNADT), qui avait pour vocation de structurer le développement durable du pays, la gestion durable des ressources (forêts, Gabon Bleu), la déconcentration des activités et la réduction des disparités régionales via des plans locaux n’ont pas vraiment été efficientes durant des années.

Si 80 % du territoire est occupé par les permis forestiers et miniers, cette nouvelle convergence se présente comme une rupture avec les mauvaises pratiques de gouvernance. Elle marque une étape décisive dans l’atteinte de l’objectif de mettre à la disposition des Gabonais 50 000 titres fonciers, tels que projetés par les plus hautes autorités du pays.

Michael Moukouangui Moukala

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