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CAFI, GEF, crédits carbone, où va l’argent de la conservation au Gabon ?

11 août 2026
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CAFI, GEF, crédits carbone, où va l’argent de la conservation au Gabon ?
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Le Gabon attire d’importants financements internationaux pour préserver ses forêts et sa biodiversité. Mais derrière les millions de dollars mobilisés, une question demeure : quelle part de cet argent arrive réellement sur le terrain et profite aux populations qui participent à la conservation ?

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Avec près de 88 % de couverture forestière et environ 25 % de son territoire classé en aires protégées, le Gabon dispose d’un capital naturel qui intéresse fortement les bailleurs internationaux.

En 2025, le système des Nations Unies indique avoir accompagné la transition vers une économie verte et bleue en s’appuyant notamment sur le CAFI (Initiative pour les forêts d’Afrique centrale) et le GEF (Fonds pour l’environnement mondial). Ces mécanismes ont notamment permis de renforcer la finance biodiversité, l’adaptation climatique et la gouvernance forestière.

À cela s’ajoutent les crédits carbone, les mécanismes d’échange dette-nature et la finance bleue. Le principe est de donner une valeur économique aux services rendus par les écosystèmes afin de mobiliser des ressources pour leur conservation. Le Gabon a notamment engagé des mécanismes de paiement fondés sur les résultats carbone et explore désormais d’autres instruments financiers liés à son capital naturel.

Mais une question mérite d’être posée : où va concrètement cet argent ?

Le rapport annuel 2025 des Nations Unies fait état de plusieurs résultats : 600 personnes formées à la finance biodiversité, 110 000 bénéficiaires d’activités génératrices de revenus dans le corridor Bas-Ogooué–Basse-Nyanga et 2 500 personnes touchées par des opportunités économiques dans l’Ogooué-Ivindo.

Ces chiffres témoignent d’investissements dans la conservation et le développement local. Mais ils ne permettent pas, à eux seuls, de retracer l’intégralité des flux financiers : montant engagé, montant effectivement dépensé, organismes chargés de l’exécution, bénéficiaires finaux et résultats obtenus.

C’est précisément là que se situe l’enjeu de transparence.

Combien coûte la protection d’un hectare de forêt ? Quelle part des financements internationaux revient aux communautés locales ? Combien est consacré à la surveillance des parcs, à la recherche, à la restauration des écosystèmes ou au développement d’activités économiques durables ? Et, surtout, comment mesurer les résultats obtenus en contrepartie des financements reçus ?

Alors que le Gabon entend faire de son patrimoine naturel un levier de développement durable, la question n’est plus seulement de savoir combien d’argent est mobilisé pour la conservation, mais comment cet argent est dépensé et quels bénéfices environnementaux et sociaux il produit.

La prochaine bataille pourrait donc être celle de la traçabilité des financements verts.

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