En 2027, l’affectation budgétaire dédiée au ministère de l’Environnement et du Climat s’élèvera à 3,73 milliards de francs CFA, contre plus de 40 milliards de francs CFA pour les Eaux et Forêts. Dans le cadre de la loi de finances 2027, ces affectations permettront de soutenir les actions de lutte contre les conflits homme-faune (CHF), la formation forestière et le contrôle des pollutions industrielles.
De 4,70 milliards de francs CFA, le budget du ministère de l’Environnement et du Climat a été amputé de 970 millions de francs CFA. À l’inverse, celui des Eaux et Forêts a enregistré une hausse de 18,29 milliards de francs CFA, portée notamment par la mobilisation de financements extérieurs, à hauteur de près de 13,5 milliards de francs CFA.
Ces affectations, explique une communication de l’Assemblée nationale, permettront de consolider le modèle de développement durable, d’accélérer la transition écologique et de valoriser le patrimoine forestier. Un accent particulier a été mis sur les questions liées aux conflits homme-faune (CHF), à la formation professionnelle dans le domaine des Eaux et Forêts, à l’impact des activités anthropiques sur la biodiversité et les écosystèmes naturels, ainsi qu’à la valorisation du patrimoine forestier et à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Si le budget des Eaux et Forêts affiche un certain équilibre par rapport aux exercices budgétaires précédents, celui de l’Environnement et du Climat mérite une attention particulière. En effet, avec 3,73 milliards de francs CFA, quelles actions seront priorisées, alors que le Gabon envisage d’activer des leviers stratégiques tels que les crédits carbone ?
À la lumière de ces éléments, ce budget soulève des questions sur la faisabilité de plusieurs actions, notamment la gestion des catastrophes naturelles, la dotation en équipements des entités sectorielles, la formation des agents aux aspects techniques, ainsi que les missions de terrain et de veille.
Au cœur des grands enjeux d’atténuation et d’adaptation au changement climatique, le ministère de l’Environnement et du Climat, dirigé depuis quelques jours par Stanislas Stephen Mouba, est appelé à faire preuve de pragmatisme en matière de gouvernance. Les chantiers sont immenses et nécessitent des actions concrètes et régulières. D’ailleurs, les objectifs assignés au ministre lors de sa nomination l’indiquent clairement : « Valoriser le capital naturel du Gabon à travers les crédits carbone sur la période 2026-2032 » et « faire respecter les normes environnementales par tous les opérateurs ». Ces missions nécessitent un déploiement constant du ministère, tant au niveau national qu’international.
Problème : au regard des 3,73 milliards de francs CFA alloués, rien ne garantit que ces priorités pourront être atteintes. Et pour cause, le budget arrêté semble difficilement compatible avec l’ampleur des chantiers annoncés.
Michael Moukouangui Moukala






