Libreville a été désignée pour abriter, en 2027, la troisième Conférence du Réseau des Directeurs d’Aires Protégées d’Afrique (APAD). Une décision qui confirme la place stratégique du Gabon dans la gouvernance environnementale continentale et son ambition de fédérer les efforts africains en matière de conservation.
Le Gabon s’apprête à devenir, en 2027, l’épicentre des réflexions africaines sur la gestion des aires protégées. Le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat, chargé du Conflit Homme-Faune, Maurice Ntossui Allogo, a signé un protocole d’accord avec l’African Wildlife Foundation (AWF) pour l’organisation à Libreville de la troisième Conférence du Réseau des Directeurs d’Aires Protégées d’Afrique (APAD), prévue entre février et mars 2027.
Créé en 2020, dans un contexte marqué par les fragilités révélées par la pandémie de Covid-19, l’APAD est un réseau panafricain qui rassemble les responsables nationaux des aires protégées et conservées. Sa vocation est de renforcer la coopération entre États africains, de promouvoir des modèles de gouvernance adaptés aux réalités du continent et de porter une voix commune sur les enjeux de conservation, de financement durable et de résilience climatique.
La première conférence de l’APAD s’est tenue à Nairobi, au Kenya, en 2021. Elle a abouti à la Déclaration de Nairobi, qui a posé les bases d’une coopération renforcée entre directeurs d’aires protégées, avec un accent particulier sur la durabilité financière, la gestion des risques et l’adaptation au changement climatique. La deuxième édition, organisée en mars 2024 à Victoria Falls, au Zimbabwe, a permis de consolider ces engagements et d’aligner les priorités africaines sur le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal, tout en insistant sur l’implication des communautés locales et la gouvernance inclusive.
L’accueil de la troisième conférence au Gabon s’inscrit dans cette continuité. Selon le communiqué du ministère des Eaux et Forêts, l’objectif de la rencontre de Libreville sera de renforcer les capacités institutionnelles des gestionnaires d’aires protégées, de valider des pratiques de gouvernance innovantes et de formaliser des partenariats stratégiques au service de l’APAD. Au-delà des échanges techniques, il s’agira aussi de consolider une vision africaine commune de la conservation, portée par les États eux-mêmes.
Pour le Gabon, cette désignation revêt une portée symbolique et stratégique. Doté d’un réseau d’aires protégées parmi les plus structurés du continent et reconnu pour son engagement en faveur de la préservation des forêts, de la biodiversité et du climat, le pays confirme son rôle de pionnier environnemental. En accueillant cette conférence, Libreville se positionne comme un hub panafricain de la conservation et un acteur clé de la diplomatie environnementale africaine, à un moment où les enjeux de biodiversité et de climat exigent des réponses coordonnées et ambitieuses.
Séraphin Lame






