A Kougouleu, à quelques kilomètres de la capitale gabonaise, Libreville, depuis l’installation d’une carrière de sable détenue par la société Khaloiza Stone Mining, la rivière servant d’approvisionnement en eau se retrouve polluée. Abandonnées à leur triste sort, les populations ne savent plus à quel saint se vouer.
Jadis, apprend-on, l’eau de la rivière Kougouleu du nom du village ressemblait à de l’eau du robinet. Malheureusement, depuis l’implantation de l’activité d’extraction de sable, sa couleur a changé, passant d’une eau incolore à une eau trouble envahies du sable. C’est le constat amer que dressent les populations à la suite de la descente de terrain effectuée par les équipes de la chaîne de télévision thématique Gabon24.
Sur place, le constat est amer et les populations ne manquent de le dénoncer avec virulence, alors que l’eau de la rivière servait aux besoins du quotidien. Sur place, on s’interroge sur les raisons qui ont prévalu à l’octroi de ce contrat à la société, sachant que la rivière était une source privilégiée d’eau pour les populations. « Pourquoi le ministère a donné un marché à ces gens-là pour venir faire en plein village ? Depuis l’installation de cette société, on a des problèmes d’eau. Cela se traduit par l’incapacité d’avoir accès à l’eau pour laver nos habits. On ne peut plus rien faire », s‘insurge Michel Ekouaghe Nguema, résident le village Kougouleu
Cette situation n’impacte pas que les ménages, car les activités de maraîchage sont également confrontées au problème de la pollution. « Je suis en train de perdre toutes mes plantes à cause du manque d’eau, ainsi que de l’élevage des canards que je fais, comme vous avez vu. Ce qui est encore plus dramatique, c’est-à-dire quand ils tractent le sable et la rivière sèche complètement. Et dès qu’ils lâchent, le dépôt de sable revient. (…) Donc la rivière est remplie avec le sable et la boue », Georges Onguengue, Membre de la coopérative agricole Gabon Action Solidarité et Développement de Kougouleu.
Face à ce constat dramatique, la question de la pertinence de l’’étude d’impact environnemental et social (EIES) de la société validée par le ministère des Eaux et Forêts via les services de sa direction générale de l’Environnement se pose. Ces effets potentiels ont-ils été réellement évalués ? Si oui, comment expliquer ces débordements qui nuisent la vie des communautés ?
« Le problème qui se pose aujourd’hui, c’est juste au niveau de la retombée. Quand on pompe, l’eau qui retombe, ça prend le sol, donc la boue, la terre. Et quand ça retombe, l’eau qui coule n’est pas de bonne qualité », reconnaît un employé d’une société.
Selon une source proche du dossier, la société dispose de tous les documents mais les populations elle, disent n’avoir pas été informées de l’implantation de cette société. Le problème est d’autant plus grave que l’eau du robinet ne coule. Ce qui laisse comme alternative pour s’approvisionner en eau, le système D.
En attendant l’intervention des autorités, les populations de Kougouleu sont livrées à elles-mêmes. Pourtant, l’extraction de sable n’est pas sans danger pour l’environnement. L’activité assèche les nappes phréatiques, déstabilise les rivières tout en détruisant les habitats aquatiques. A qui imputer cette responsabilité ? Les populations de Kougouleu attendent des décisions pragmatiques.
Séraphin Lame






