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Conservation : que cache réellement le mécanisme Gabon Infini ?

31 mars 2026
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Conservation : que cache réellement le mécanisme Gabon Infini ?
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Le Gabon franchit une nouvelle étape dans sa stratégie environnementale avec le lancement du projet « Gabon Infini », un mécanisme présenté comme structurant, capable de mobiliser jusqu’à 200 millions de dollars sur dix ans au service de la biodiversité. L’annonce a été faite à travers un communiqué de la présidence de la République, lu par le porte-parole, Théophane Nzame-Nze Biyoghe. Adossé à des partenaires internationaux de premier plan tels que le Bezos Earth Fund, The Nature Conservancy et le Fonds pour l’environnement mondial, le projet s’inscrit dans une dynamique globale de financement de la conservation.

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Sur le papier, l’ambition est claire : renforcer la protection des écosystèmes, soutenir le développement local et consolider la position du Gabon comme acteur majeur de la lutte contre les changements climatiques. Les objectifs affichés sont d’ailleurs en cohérence avec les standards internationaux, notamment l’engagement de porter la protection des aires protégées à 30% du territoire d’ici 2030, de sanctuariser 3,9 millions d’hectares de forêts et de préserver 18.000 kilomètres de cours d’eau. Dans un pays qui revendique déjà près de 88% de couverture forestière, ces annonces viennent renforcer une image de leader écologique, souvent mise en avant sur la scène internationale.

Mais derrière cette architecture ambitieuse, plusieurs zones d’ombre subsistent et méritent une attention particulière. Le mécanisme financier, présenté comme structuré, semble reposer sur un montage hybride mêlant subventions, investissements et paiements pour services écosystémiques. Pourtant, la communication officielle reste volontairement floue sur la nature exacte des financements. S’agit-il de dons, de prêts ou d’un mélange des deux ? Quelles sont les éventuelles conditionnalités associées à ces fonds ? Et surtout, quels engagements précis le Gabon a-t-il pris en contrepartie de cet appui international ?

Ces interrogations renvoient directement à la question de la gouvernance financière du projet. Qui contrôle réellement les fonds ? Les partenaires internationaux disposent-ils d’un droit de regard ou d’un pouvoir décisionnel sur leur allocation ? Dans quelle mesure l’État gabonais conserve-t-il une autonomie pleine et entière dans la gestion de ses ressources naturelles ? Dans un contexte global où les mécanismes de financement climatique sont souvent critiqués pour leur opacité et les rapports de force qu’ils peuvent induire, ces questions apparaissent centrales.

Par ailleurs, si les objectifs environnementaux sont ambitieux, ils ne constituent pas une rupture en soi pour le Gabon, déjà reconnu pour ses performances en matière de conservation. Dès lors, l’enjeu dépasse désormais la simple extension des aires protégées. Il s’agit plutôt de garantir une gestion durable, efficace et surtout inclusive de ces espaces. La réussite du projet dépendra moins de la quantité de territoire protégé que de la capacité à concilier préservation de la biodiversité et réalités socio-économiques.

C’est précisément sur ce point que le communiqué laisse apparaître une autre zone d’incertitude. La création d’« emplois verts durables » est avancée comme un bénéfice direct pour les populations, mais sans qu’aucune précision ne soit apportée. Ni le nombre d’emplois, ni leur nature, ni les mécanismes d’inclusion des communautés locales ne sont détaillés. Cette absence d’éléments concrets interroge, notamment dans un contexte où les politiques de conservation ont parfois été sources de tensions, en particulier en raison de la précarité des éco-gardes ou des restrictions imposées aux populations vivant à proximité des zones protégées.

Derrière la promesse d’un développement durable se pose donc la question de l’impact réel du projet sur le terrain. Les communautés locales seront-elles pleinement intégrées comme actrices de la conservation ou resteront-elles en marge d’un dispositif conçu à une autre échelle ? L’écart entre le discours institutionnel et la réalité sociale constitue ici un point de vigilance majeur.

Plus largement, le projet Gabon Infini s’inscrit dans une stratégie de valorisation du capital naturel, où la capacité du pays à absorber plus de carbone qu’il n’en émet devient un argument économique et diplomatique. Cette approche peut être perçue comme une avancée, permettant au Gabon de transformer un atout écologique en levier de financement et d’influence sur la scène internationale. Mais elle soulève également une interrogation fondamentale : en s’appuyant sur des partenaires extérieurs pour monétiser ses ressources naturelles, le pays ne risque-t-il pas de s’inscrire dans une nouvelle forme de dépendance, où les choix stratégiques seraient, à terme, influencés par des intérêts exogènes ?

Ainsi, si Gabon Infini apparaît comme une initiative prometteuse et globalement pertinente dans sa conception, il n’en demeure pas moins un projet à surveiller de près. Sa crédibilité reposera sur sa capacité à lever les ambiguïtés qui l’entourent, à clarifier ses mécanismes de financement, à garantir une gouvernance transparente et à produire des résultats concrets, tant sur le plan environnemental que social.

En filigrane, une interrogation persiste : le Gabon est-il en train de construire un modèle souverain de financement de la biodiversité ou de poser les bases d’une dépendance verte aux contours encore mal définis ?

Wilfried Mba N.

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