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Bassin du Congo : augmentation de 14,2% de la perte de forêts primaires

11 mars 2026
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Bassin du Congo : augmentation de 14,2% de la perte de forêts primaires
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En 2024, selon une récente étude publiée dans le Global Forest Watch, la perte des forêts du bassin du Congo s’est accentuée. Quoique significativement faible, la région a enregistré au cours de cette période une perte de ses forêts primaires de l’ordre de 14,2% . En termes absolus, cela représente 780 000 hectares de forêts naturelles perdues. 

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Comparativement à 2023, 2024 est une « année record en matière de perte de forêts primaires dans les tropiques » si l’on en croit le commentaire fait par les auteurs du rapport. « Cette tendance, expliquent-ils, s’inscrit dans la continuité d’une tendance persistante qui a vu les pays du bassin du Congo enregistrer des taux de pertes de forêts relativement stables ou en légère augmentation au cours de la dernière décennie, sans aucune année marquée par une réduction significative ».

Formels, les auteurs estiment que « rien n’indique que les taux de pertes de forêts vont diminuer à l’avenir sans mesures politiques et technologiques spécifiques visant à corriger les tendances actuelles et s’attaquer aux causes profondes de la perte de forêts primaires ». Au nombre de ces causes : l’agriculture, la production de charbon de bois, le changement climatique et l’extraction minière.  

En plein essor, d’après les conclusions du rapport, l’agriculture permanente et ces formes industrielles peuvent avoir des impacts plus graves sur les forêts. Par exemple, au Cameroun, 40% de la perte de couverture forestière entre 2001 et 2024 est attribuée à l’agriculture permanente, soit le taux le plus élevé de la région, contre les 15% de la RDC. Autre élément important, la culture du cacao qui participe elle aussi à la déforestation. Dans les pays tels que la RDC, la production de cacao a plus que quadruplé entre 2015 et 2023.

La production de charbon de bois n’est pas non négligeable dans la perte de forêt. Considérée par les auteurs de l’étude comme « un autre facteur majeur de perte de forêt », la production de charbon de bois induit des pertes conséquentes en RDC, au Cameroun et en République du Congo. En RDC, environ 95% de la population dépend de la biomasse, y compris du charbon de bois, pour son approvisionnement en énergie. « Même si elle n’entraîne pas directement une perte permanente de la forêt, elle provoque une dégradation généralisée », soutiennent les auteurs.

Enfin, facteur direct mais relativement mineur dans la présente étude, l’exploitation mineure est aussi pointée du doigt dans la perte des forêts de la sous-région. Ses impacts indirects, font remarquer les chercheurs, peuvent être considérables pour les forêts et les communautés. En effet, des données récentes montrent que l’exploitation minière artisanale cause indirectement 28 fois plus de déforestation que l’exploitation directe de la zone minière elle-même.

Si les conclusions de cette étude peuvent paraître nouvelles dans leur forme statistique, les facteurs qui concourent à la perte des forêts du bassin du Congo sont largement documentés dans le milieu scientifique depuis plusieurs décennies. Des récentes études menées entre le Gabon, le Cameroun et la RDC ont montré la même dynamique de cause et solutions. Pour re-descendre dans le passé et établir un lieu, en 2016, dans le résumé sommaire de leur étude sur « Quelles sont les causes de la déforestation dans le bassin du Congo ? Synthèse bibliographique et études de cas »,  Pauline Gillet et Al., pointaient déjà du doigt la « destruction du couvert forestier », les « facteurs économiques », les « avancées technologiques », les « mesures politiques » ainsi que les « pressions démographiques » comme les principaux facteurs qui concourent à la perte de forêts du bassin du Congo.

Lorsque l’on compare les deux études, il se dessine que ces facteurs n’ont pas changé mais ont évolué d’un point de vue de leur dynamique statistique. Ce qui nécessite la résurgence des mesures de lutte contre la déforestation qui, elles, passent par la mobilisation financière.

Michael Moukouangui Moukala

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