Au Gabon, environ 300 000 logements manquent à l’appel pour répondre au besoin de la population en matière de logement. Fort de son couvert forestier, le pays pourrait, selon une vieille solution proposée par Dieudonné Minlama Mintogo, ancien candidat à la présidentielle de 2016, résoudre ce problème par la construction des maisons en bois et 100% écologique.
Construire des logements sociaux à bas coût, à partir des partenariats publics privés (PPP) et avec des matériaux locaux, essentiellement du bois, c’est ce que préconisait en 2016 Dieudonné Minlama Mintogo, alors candidat à l’élection présidentielle dans son projet de société. Si ce dernier n’avait pas remporté l’élection pour mettre en pratique cette idée, son projet a tout de même le mérite d’être pertinent. Et pour cause, après environ 150 ans d’exploitation du bois au Gabon, le secteur forestier n’a presque jamais directement profité aux populations prises individuellement. Un paradoxe qui pourrait être corrigé par la proposition de cet ancien candidat à l’élection présidentielle.
En effet, avec un pays couvert à près de 90% de forêt, le Gabon n’a jamais développé de projet de construction écologique basé sur ce matériau. Et, paradoxalement, soutenait Dieudonné Minlama M., « toutes les politiques de logement menées depuis l’accession de notre pays à la souveraineté nationale n’ont apporté les résultats escomptés ». Pire encore durant le magistère de l’ancien président de la République, Ali Bongo Ondimba. Un problème, quand on sait qu’au Gabon, environ 300 000 logements manquent à l’appel pour combler le déficit existant. A cela, s’ajoute l’inflation des coûts de location ces dernières années, la pression foncière occasionnée à son tour par la pression démographique.
Dans sa vision pour le logement des gabonais, l’ancien candidat à la présidentielle proposait de construire 30.000 logements. « Ces maisons coûteront 15 millions de francs CFA l’exemplaire et seront construites grâce à l’apport des entreprises notamment du secteur privé », faisait-il savoir. Elles devraient être libérées sous la forme d’un emprunt de la même somme et remboursable en 25 ans pour une mensualité de remboursement de 60.000 francs CFA par mois.
Ni briques industrielles, ni matériaux de construction préfabriqués ne seront utilisés pour leur construction. Ces maisons seront totalement construites avec des matériaux locaux, histoire de répondre au besoin social. « Les milliardaires américains vivent dans des maisons en bois, pourquoi ne pas s’inspirer de ce modèle pour mettre à l’abri nos compatriotes ? », s’interrogeait-il.
Il faut dire que ce projet est tenable. Edock City, un projet de construction de maisons écologiques, développé à l’epoque à Viafé près de Lalara, par le Docteur Crépin Andrew Gwodock a permis de comprendre que cette formule est possible.
Première cité rurale écologique du pays, construite en bois local, Edock City comprend dix chalets durables sur pilotis, alimentés par l’énergie solaire, et fonctionnant comme une galerie d’art à ciel ouvert. La cité a été construite avec de l’Okoumé, du Kévazingo, du Movingui, etc. issus de déchets d’usine locale. Le site vise en effet à valoriser les ressources forestières et à offrir des logements durables.
Ce modèle pourrait être dupliqué dans les grandes villes du pays pour répondre à une demande en logement de plus en plus grandissante.
Michael Moukouangui Moukala






