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Projet de Banio : la potasse, un levier pour l’autosuffisance alimentaire du Gabon sous le défi d’une exploitation responsable

13 juillet 2026
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Projet de Banio : la potasse, un levier pour l’autosuffisance alimentaire du Gabon sous le défi d’une exploitation responsable
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La récente visite du ministre des Mines et des Ressources géologiques, Sosthène Nguema Nguema, sur le site du projet de potasse de Banio, dans la province de la Nyanga, marque une nouvelle étape dans le développement de ce qui pourrait devenir l’un des plus importants projets miniers du Gabon. Porté par la société canadienne Millennial Potash Corp., à travers sa filiale gabonaise Mayumba Potasse SARL, le projet ambitionne d’atteindre une production annuelle de 800 000 tonnes de potasse, une ressource stratégique pour l’agriculture mondiale. Au-delà des perspectives économiques, cette exploitation pourrait également constituer un levier majeur pour l’autosuffisance alimentaire du Gabon, à condition de concilier développement industriel et préservation de l’environnement.

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Souvent associée au secteur minier, la potasse est avant tout un élément indispensable à la fabrication des engrais potassiques. Le potassium qu’elle contient favorise la croissance des cultures, améliore la résistance des plantes aux maladies et aux épisodes de sécheresse, tout en augmentant les rendements agricoles. Dans un pays qui importe environ 80% de ses produits alimentaires, la disponibilité d’une telle ressource ouvre des perspectives nouvelles pour renforcer la productivité agricole et accompagner les ambitions nationales en matière de sécurité alimentaire.

Le véritable enjeu ne réside toutefois pas uniquement dans l’extraction de la potasse, mais dans la capacité du Gabon à créer davantage de valeur autour de cette ressource. Si une partie de la production était transformée localement en engrais destinés aux producteurs nationaux, le pays pourrait réduire sa dépendance aux importations d’intrants agricoles, améliorer la compétitivité de ses exploitations et soutenir plus efficacement les filières vivrières. À l’inverse, une exploitation tournée exclusivement vers l’exportation limiterait les retombées directes pour l’agriculture gabonaise.

Cette ambition économique devra cependant s’inscrire dans une démarche de développement durable. Le projet est implanté dans une région écologiquement sensible, caractérisée par la présence de lagunes, de mangroves, de zones humides et de forêts côtières, à proximité du Parc national de Mayumba. Ces écosystèmes jouent un rôle essentiel dans la conservation de la biodiversité, la protection du littoral, le stockage du carbone et le maintien des activités de pêche dont vivent de nombreuses communautés locales.

Conscients de ces enjeux, les promoteurs du projet ont engagé les études préalables indispensables avant toute phase d’exploitation. L’Étude d’Impact Environnemental et Social (EIES) a été confiée à Biotope Afrique Centrale, Artelia et Insuco Gabon, trois structures spécialisées qui auront pour mission d’évaluer les effets potentiels du projet sur les milieux naturels et les populations concernées. Leurs travaux devront notamment identifier les risques liés aux activités minières, proposer des mesures de prévention, de réduction et de compensation des impacts, ainsi que définir un dispositif de suivi environnemental tout au long de la vie du projet.

Si cette démarche constitue une étape importante, elle ne représente qu’un préalable. Le véritable défi consistera à traduire les recommandations issues de ces études en actions concrètes. La gestion des ressources en eau, la protection des mangroves, la préservation des habitats naturels, le contrôle des rejets industriels, la restauration progressive des sites exploités et le dialogue permanent avec les communautés locales seront autant d’éléments qui permettront d’apprécier le caractère durable de cette exploitation.

Le développement du Port lagunaire de Mangali, appelé à assurer l’approvisionnement du site minier et l’exportation de la future production, s’inscrit dans cette même logique. Son intégration dans un territoire à forte valeur écologique nécessitera également une planification rigoureuse afin de limiter les impacts sur les écosystèmes lagunaires et les ressources halieutiques.

À travers le projet de Banio, le Gabon dispose d’une opportunité rare de démontrer qu’une ressource minière stratégique peut contribuer à plusieurs objectifs de développement : diversifier l’économie, soutenir l’industrialisation, renforcer la souveraineté alimentaire et créer des emplois. Le succès de cette ambition dépendra néanmoins de la capacité des différents acteurs à faire de l’exploitation responsable un principe d’action et non une simple exigence réglementaire. C’est à cette condition que la potasse de Banio pourra devenir non seulement une richesse minière, mais également un véritable levier de développement durable au service des générations futures.

Wilfried Mba N.

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