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Apatridie : à Ikobey, des peuples autochtones sans nationalité gabonaise

9 septembre 2026
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Apatridie : à Ikobey, des peuples autochtones sans nationalité gabonaise
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Dans les villages avoisinant le district d’Ikobey, dans le département de Tsamba-Magotsi dans la Ngounié, des peuples autochtones sont naturellement gabonais, mais sans acte de naissance pour le prouver. Ils vivent dans cette situation depuis leur naissance.

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Ils sont considérés comme gabonais, gardiens des savoirs ancestraux naturels et culturels. Depuis des générations, ils composent la population gabonaise du nord au sud et de l’ouest à l’est, même si leur statut et leur situation civile ne font l’objet d’aucun encadrement juridique spécifique par l’État. À Tsamba-Magotsi, précisément dans le district d’Ikobey, des peuples autochtones appelés vulgairement « Pygmées » vivent sans identité juridique et administrative, car ne possédant pas d’acte de naissance.

Nioye 1, Tranquille, Ndougou, Embamboa, Ossimba, Tchibanga Village ou encore Divanga, presque aucun village n’est épargné par cet oubli. Des Gabonais y vivent, mais sans officiellement exister en tant que tels, car ne possédant, depuis leur naissance, le précieux document d’état civil définissant et prouvant leur appartenance au Gabon.

Rencontré dans le silence paisible de son village Tchibanga, à 15 kilomètres après Ikobey, Jean-Marie Embo, la quarantaine révolue, décrit une réalité insoutenable pour lui et les siens. « Nous rencontrons beaucoup de problèmes ici dans notre village. L’un de ces problèmes, c’est la situation des personnes qui n’ont pas de jugement. On nous avait promis que cette question serait réglée, mais jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons pas de suite », a-t-il expliqué d’une voix triste.

Président de l’Association pour le Développement des Communautés Pygmées du Gabon (ADCPPG), Denis Massande confirme ce constat et affiche sa volonté de faire un travail de recensement pour définir le nombre exact de personnes touchées par cette situation.

Contactée par notre rédaction, la sous-préfecture d’Ikobey comptabilise environ 294 personnes touchées par ce problème et annonce avoir initié un partenariat avec un organisme international pour faire établir des jugements supplétifs à ces dernières.

S’ils représentent environ 6,2 % de la population mondiale selon la Banque mondiale, au moins 2/3 des peuples autochtones sont apatrides. À travers la planète, ils font partie des groupes les plus touchés par ce phénomène en raison de leur éloignement géographique des grands centres urbains, des barrières linguistiques et des discriminations historiques dont ils sont victimes.

Officiellement reconnus comme les premiers occupants du Gabon, la situation des « Pygmées » ne fait l’objet d’aucune interprétation constitutionnelle. Si l’article premier de la Constitution de 2024 reconnaît à la République gabonaise le droit d’assurer « l’égalité de tous les citoyens devant la loi, sans distinction d’origine, de race, d’ethnie, de sexe, d’opinion, de religion, de croyances et de rites », ce principe tombe en désuétude lorsqu’il s’agit de le faire appliquer à cette catégorie de Gabonais.

En 2021, sous la houlette de Prisca Nlend Koho, alors ministre des Affaires sociales, un projet d’établissement de 1 000 actes de naissance par province pour des personnes, notamment des enfants inconnus des registres de l’état civil gabonais, avait été annoncé. Celui-ci n’a visiblement jamais vu le jour. Pendant ce temps, ces populations continuent de vivre recluses, loin des impacts de la civilisation.

Michael Moukouangui Moukala

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