Nommé en conseil des ministres du jeudi 8 octobre à la tête du Conseil national climat (CNC), Stephen Mouba vient d’intégrer le nouveau gouvernement d’Hermann Immongault, le Vice-président de la République en charge du Gouvernement. Cette nouvelle nomination soulève des questions au sein de la conservation au Gabon.
S’il ne fait aucun doute qu’il est le candidat idéal pour le poste de ministre de l’Environnement et du Climat, le timing autour de la nomination de Stephen Mouba ne laisse personne indifférent. Et pour cause, à sa propre surprise, il se voyait confié, il y a juste quatre jours, la semaine dernière, le poste de Secrétaire permanent du Conseil national Climat (CNC), une entité de l’Etat chargée d’élaborer le Plan national climat et de veiller au respect des engagements internationaux du Gabon en la matière.
Aujourd’hui Ministre, son poste au CNC reviendra systématiquement à quelqu’un d’autre. Une question demeure cependant. Pourquoi ces soudains changements ? Quelle est la nécessité et l’urgence ? Si la réponse ne se trouve pas dans la nomination en elle-même, elle tient certainement son sens dans les enjeux et défis en cours que le Gabon doit relever autour de la question du climat de façon globale.
Spécialiste en développement durable, environnement et figurant parmi les rares négociateurs internationaux sur les questions du climat dont dispose le Gabon, Stephen Mouba est un acteur expérimenté sur les questions relevant de l’engagement du CNC. Ancien directeur général de l’Environnement, il a notamment été ces dernières années, au cœur des négociations climat du Gabon.
Directeur pays de The Nature Conservancy (TNC) avant sa nomination, Stephen Mouba était pour le compte de l’organisation internationale, pleinement impliqué dans la formalisation du projet Gabon Infini. Ce projet de financement de plus de 170 millions d’euros sur dix ans pour la conservation de la nature et le développement des communautés locales, vise à protéger 30% de ses écosystèmes terrestres, marins et d’eau douce d’ici 2030.
Force est par ailleurs de constater que depuis quelque temps, le choix des profils devant gérer les portefeuilles environnement et climat, notamment au sein du gouvernement et des entités spécialisées telles que le CNC, la direction générale de l’Environnement ou encore l’Agence gabonaise pour le développement de l’économie verte (AGADEV) pour ne citer que celles-ci, fait l’objet des critiques en raison notamment de la qualité des experts et de leur capacité à réellement défendre la position du Gabon sur les grandes questions telles celles de l’exploitation de ses ressources naturelles, la pollution plastique, les financements pour service écologique rendus ou encore les crédits carbone.
La nomination de ce technicien du climat et de l’environnement intervient par ailleurs, à un moment critique de la participation du Gabon à la COP31 qui se tiendra à Antalya, en Turquie. Durant cette grande messe de l’environnement et du climat, la question du financement pour service écosystémique rendus à l’humanité sera sans nul doute, au cœur des préoccupations gabonaises. Qui de mieux qu’un négociateur international climat pour défendre les intérêts du Gabon ?
Michael Moukouangui Moukala






