Pour avoir critiqué, dans un réseau social (WhatsApp), le Secrétaire Exécutif de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), l’Eco-Guide, Crépin Madzoukou, spécialiste des patrimoines naturels et cultures du Gabon vient d’écoper d’un licenciement. Le Syndicat national des écogardes du Gabon (SYNEG) dénonce, un abus d’autorité et une procédure de licenciement non respectée.
Crépin Madzoukou, ce nom ne vous dit certainement rien et pourtant, si vous avez déjà effectué des virées pédestres au sein de l’Arboretum Raponda Walker (ARW), au nord de Libreville à la découverte de cette forêt secondaire nichée à quelques encablures de la commune d’Akanda, vous avez déjà été forcement abreuvé par ses connaissances sur la faune, la flore et les savoirs cultures endogènes liés à l’écologique de arbres et autres feuilles. En effet, détenteur d’une formation de Guide professionnel en accompagnement en forêt pluvial africaine 1er promotion, Lopé 2014, Crépin Madzoukou est un Eco-Guide professionnel travaillant il y a encore quelques mois pour l’ANPN.
Son lien avec l’agence a basculé, lorsqu’il y a quelques mois, dans l’euphorie de quelques verres de boissons alcoolisées hors du travail, il s’est, d’après les avis recueillis, permis de porter des jugements sur le mode de gestion de l’agence par le Secrétaire Exécutif avant de « malencontreusement » de diffuser sa critique dans les groupes WhatsApp du SYNEG ainsi que celui de l’Arboretum. A la suite de cet accident, l’Ecogarde va recevoir de la part de sa hiérarchie, « une demande d’explication » puis, passera en conseil de discipline avant de se voir licencié pour dit-on à l’ANPN, « faute lourde ».
Pour la hiérarchie du SYNEG, cette décision est en déphasage avec les procédures légales et le Code du Travail. Et pour cause, avance-t-elle, la critique s’est produite dans un cadre purement privé. « Pourquoi alors ça été transposé comme étant une faute lourde ? », s’interroge le Secrétaire général du syndicat. Selon lui, la critique, qu’elle soit objective et ou subjective, fait partie intégrante de la vie et des relations au sein d’une structure. Qu’il s’agisse du président de la République ou des simples collaborateurs, tout le monde y passe dans une société. L’ANPN ne fait pas figure d’exception, surtout avec les difficultés de fonctionnement qui accablent la structure depuis plusieurs années.
De plus, l’agence n’ayant pas de délégué du personnel siégeant, cette procédure serait, explique une autre source, en porte à faux avec le Code du Travail qui dans son corpus, exige que pour licencier un employé pour « faute lourde », il faut obligatoirement la présence de ces auxiliaires des employés au sein d’une entreprise. A l’ANPN, de cette procédure de licenciement, se dégage comme une sorte de « licenciement abusif », bâclant les procédures requises en la matière.
« Si le Secrétaire Exécutif estime qu’il a été diffamé, il avait le droit de commettre une plainte pour diffamation contre l’intéressé. Ils devaient se retrouver devant les autorités compétentes pour que l’affaire soit statuée. Mais, licencier quelqu’un pour faute lourde, pour une faute commise en dehors des heures de travail, dans un délit de boisson et un forum social illégal », cela sort du cadre légal, explique le Secrétaire général du SYNEG.
Si des tractations sont menées en interne pour faire revenir le Secrétaire Exécutif à la raison, le départ de Crépin Madzoukou de l’ANPN pourrait causer un gros vide et une faiblesse pour la gestion de l’ARW. Et pour cause, au Gabon, sur les 12 guides formés à la Lopé en 2024, seulement quatre (4) ont décidé de consacrer leur vie aux parcs nationaux dont deux pour l’arboretum qui reçoit chaque par semaine, des centaines de visiteurs. Son départ pourrait donc être un poids lourd à supporter pour son collègue.
Cette histoire, si elle tient réellement sur des files plausibles telles qu’on nous l’a présenté, doit amener les employés et la hiérarchie des entreprises à faire la part de choses entre ce qui relève de la vie privée et vie public, et, les frontières à ne pas franchir. Elle porte peut-être en elle, les germes d’une révision de comportement et ceux, à tous les niveaux, quand on sait qu’un abus d’autorité peut facilement être maquillé ou que la confusion peut s’installer.
Michael Moukouangui Moukala






