En séjour à la Lopé, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema a dit être préoccupé par la « précarité » dans laquelle se trouve les Ecogardes, maillon essentiel de la conservation au Gabon qui cumulent des mois sans salaires.
« Je n’ignore ni les sacrifices ni la précarité des écogardes, qui protègent notre patrimoine naturel parfois sans salaire durant des mois. Cette situation est inacceptable. J’ai instruit le Gouvernement d’examiner leur intégration à la fonction publique afin de sécuriser leur statut et de reconnaître dignement leur engagement au service de la Nation ». C’est le message publié hier, vendredi 26 décembre 2025 par Brice Clotaire Oligui Nguema sur sa page Facebook, après une virée sur les hauteurs du Mont-Brazza qui culmine la petite localité de la Lopé.
Le lieu pour porter ce message n’était peut-être pas anodin. Réserve nationale, classée patrimoine mondial de l’Unesco et connue pour abriter la base de formation des Écogardes, la Lopé est un lieu symbolique pour la conservation au Gabon. Quasiment chaque année, des formations axées sur la protection de la biodiversité, incluant des compétences pratiques comme la gestion de scènes de crime, la navigation, l’utilisation des logiciels notamment SMART, les premiers secours, et même des aspects militaires y sont organisées pour outiller les écogardes et renforcer la lutte contre le braconnage, et améliorer la conservation au Gabon.
Si ces efforts sont nécessaires, ils manquent le plus souvent de se concentrer sur ceux qui font la force de la conservation au Gabon, c’est-à-dire, les écogardes. Marginalisés, ces sentinelles de la conservation cumulent parfois jusqu’à cinq mois sans salaire avec des situations professionnelles problématiques. Cette situation date de depuis 2020 et malgré les bonnes intentions affichées par le président de la République depuis son arrivée au pouvoir, la situation n’a pas beaucoup évolué. Pour preuve, la récente campagne de recrutement des écogardes à la fonction publique a été entachée d’irrégularités et de « fraudes » majeures, marquée par des « tripatouillages » des listes et l’intégration des « écogardes fantômes ».
Président du Syndicat national des écogardes du Gabon (SYNEG), Sosthène Ndong Engonga salue cette sortie du président de la République mais s’inquiète cependant de la lenteur observable dans le traitement de ce dossier, même s’il dit reconnaître que l’administration obéit à une certaine logique. « C’est ce que l’on souhaite depuis. Depuis le 17 juillet de l’année 2024 à Boumango, c’est ce qu’il nous avait promis le Président. Nous attendons, car c’est juste la formalisation de ce qu’il avait promis », a fait savoir le Secrétaire exécutif du SYNEG.
Au moment où nous mettons sous presse cet article, apprend-on, une cinquantaine d’agents de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) détachés il y a quelques années pour appuyer l’implémentation du projet Inventaire des Ressources naturelles (IREN) cumulent cinq mois sans salaire. Le projet a pris fin en juillet 2025 dernier et depuis, ils sont sans gain de cause.
Michael Moukouangui Moukala






