Nouvellement nommé à la tête du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural, Pacôme Kossy rêve d’une transformation à 90° de son ministère. Lors de la rencontre de prise de contact, en début de semaine, le nouveau ministre a décliné les quatre axes de sa stratégie de travail pour développer ce qu’il appelle les systèmes alimentaires.
Développement des systèmes alimentaires, changement de paradigme de travail, synergie d’action interne et externe, et amélioration des conditions de travail sont les quatre ingrédients formulés par Pacôme Kossy, le nouveau ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural, lors de sa prise de contact au sein de son ministère. L’enjeu de cette déclinaison stratégique est de s’arrimer à la vision du développement agricole impulsée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, afin de répondre aux attentes formulées. Parmi ces attentes figure notamment l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire à travers la matérialisation de projets tels que l’interdiction, à l’horizon 2027, de l’importation du poulet de chair.
« Pendant longtemps, notre secteur a été plus ou moins délaissé, peut-être parce que nous priorisions essentiellement le maillon de la production agricole au détriment des chaînes de valeur, des systèmes alimentaires et de l’agro-industrie. Nous devons apporter de la valeur ajoutée à tout ce que nous faisons. D’où le concept de système alimentaire ou de chaîne de valeur », souligne le nouveau ministre.
Contrairement à son prédécesseur, dont l’action est saluée, Pacôme Kossy entend redéfinir les priorités en insistant sur la transformation de la façon de travailler, gage, selon lui, des résultats souhaités. Il faut dire que le ministère, en dépit des insuffisances relevées lors de cette rencontre par les directeurs généraux, dispose de la ressource humaine nécessaire pour atteindre cette ambition. En effet, avec un effectif cumulé de 1 242 agents, Pacôme Kossy estime que les agents de son ministère peuvent se surpasser en donnant le meilleur de leur savoir-faire.
« Nous allons être jugés sur notre capacité à changer, à transformer, à impacter la façon dont les ménages gabonais consomment. Cela demandera que nous soyons tous, ensemble ici, cohérents, rigoureux, disciplinés, et que nous pensions en termes de résultats. Nous allons mettre en place, pour nous tous et pour moi-même, des indicateurs clairs que nous suivrons afin de nous assurer que nous sommes sur la bonne voie », a-t-il fait savoir.
Cette trajectoire souhaitée vise, d’après lui, à repositionner les secteurs stratégiques de l’agriculture au cœur du développement du pays. « Nous n’allons pas y arriver si nous n’avons pas une masse critique de collègues qui veulent travailler ensemble à des fins communes », a-t-il ajouté.
À ce jour, quatre projets sont en cours au ministère : (1)le Projet d’Appui au Programme GRAINE, phase 1 (PAPG1), en partenariat avec la Banque africaine de développement ; (2)le projet de construction de la Base de vulgarisation des techniques agricoles ; (3)les projets d’aménagement des Zones agricoles à forte productivité (ZAP) de Kango et d’Andem ; et (4)le projet présidentiel de réalisation de six (6) fermes avicoles nationales intégrées.
Dans l’urgence de l’échéance de janvier 2027, soit à un an de la décision d’interdiction de l’importation du poulet de chair, le nouveau ministre devra mobiliser ses collaborateurs afin de mener à terme ces projets et répondre aux défis de l’autosuffisance alimentaire souhaitée par les plus hautes autorités. Cela passe par une stratégie de développement des secteurs bien affinée, la disponibilité des moyens humains et matériels, ainsi qu’une capacité renouvelée de confiance du président de la République envers le nouveau ministre, car n’oublions pas que le changement à tout vent des ministres à la tête des départements constitue un facteur d’échec.
Michael Moukouangui Moukala






