Le Gabon prend part à la 46ᵉ édition de la Foire internationale du tourisme (FITUR), organisée du 21 au 25 janvier 2026 à Madrid, en Espagne. Cette présence s’inscrit dans la continuité d’une stratégie de promotion internationale de la Destination Gabon, portée par les autorités gabonaises et orientée vers le tourisme durable comme levier de diversification économique.
Déjà présent à la FITUR 2025 où il avait marqué son retour sur cette vitrine mondiale du tourisme après plusieurs années d’absence, le Gabon confirme, en 2026, sa volonté de s’inscrire dans une démarche de visibilité continue. Lors de l’édition précédente, la délégation gabonaise avait mis en avant le potentiel écotouristique du pays, attirant l’attention de professionnels du secteur et amorçant des échanges avec des partenaires internationaux.
La reconduction de cette participation traduit une volonté de passer d’une logique de relance à une phase de consolidation, dans un contexte où la FITUR demeure l’un des trois principaux salons mondiaux du tourisme, aux côtés de l’ITB de Berlin et du WTM de Londres.
Une mobilisation institutionnelle et diplomatique
La participation gabonaise est conduite par le ministère du Tourisme durable et de l’Artisanat, en étroite collaboration avec l’Ambassade du Gabon en Espagne et auprès de l’ONU Tourisme, avec l’implication active des opérateurs touristiques nationaux. La délégation est conduite par Liliane Ngari, Secrétaire générale du ministère, et Léon Ivanga, Directeur général de l’Agence gabonaise de développement et de promotion du tourisme (AGATOUR), avec l’appui de la représentation diplomatique gabonaise à Madrid.
À travers cette mobilisation, Libreville entend faire du tourisme un outil de diplomatie économique, mais aussi un vecteur de projection internationale de son engagement en faveur de l’économie verte.
Positionner le Gabon sur le segment du tourisme durable
Les objectifs affichés sont clairs : renforcer la visibilité du pays, stimuler les investissements directs étrangers dans le secteur touristique, consolider les partenariats avec l’ONU Tourisme et les réseaux diplomatiques, et affirmer le Gabon comme une destination de référence en matière d’écotourisme en Afrique centrale.
Le discours porté à Madrid s’appuie sur les atouts structurels du pays — biodiversité exceptionnelle, vastes aires protégées, patrimoine culturel — mais aussi sur une ambition politique affirmée de faire du tourisme durable un pilier du développement économique, en cohérence avec les engagements environnementaux du Gabon.
Une ambition confrontée aux réalités du terrain
Si le Gabon dispose d’un potentiel touristique largement reconnu — biodiversité, parcs nationaux, littoral, patrimoine culturel —, sa transformation en destination compétitive reste cependant un défi. La participation à des rendez-vous internationaux comme la FITUR constitue une vitrine utile, mais elle ne saurait, à elle seule, pallier les faiblesses structurelles du secteur.
Au retour de ces forums, la question centrale demeure celle de la mise en œuvre effective des acquis. Et pour cause : infrastructures d’accueil insuffisantes, coûts élevés, promotion encore limitée et faible structuration de l’offre continuent de freiner le décollage de la destination Gabon, malgré les ambitions affichées à l’international.
Dans le contexte actuel, marqué par la mise aux arrêts de l’ancien ministre du Tourisme accusé de détournements, ces interrogations prennent une résonance particulière. Sans préjuger des suites judiciaires, cette actualité jette une lumière crue sur la fragilité de la gouvernance du secteur et alimente le doute quant au degré de sérieux et de continuité accordé aux politiques touristiques.
Dès lors, la FITUR 2026 apparaît autant comme une opportunité que comme un révélateur : celui de la capacité des autorités actuelles à traduire les engagements diplomatiques en actions concrètes, mesurables et durables. Pour que la destination Gabon dépasse le stade de la promesse, la cohérence entre discours, gouvernance et résultats sur le terrain restera déterminante.
Wilfried Nguema M.






