Pour financer ses politiques d’atténuation et adaptation aux changements climatiques, le Gabon doit mobiliser 3951,314 milliards de francs. Soit, 83% pour le financement des politiques d’atténuation et 17% pour celles de l’adaptation. L’énergie, les forêts et l’agriculture sont les secteurs qui nécessitent ces moyens financiers.
En novembre 2025, le Gabon a publié la troisième génération de sa Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0). Alignée sur les conclusions du premier bilan mondial de la COP28 et révisée pour la période 2025-2035, la troisième génération de la CDN du Gabon s’inscrit dans la continuité des engagements climatiques du pays et traduit une ambition renforcée du pays en matière de développement durable, de résilience et de transition bas-carbone. Cette troisième version s’appuie sur l’évaluation de la CDN précédente, renforce l’ambition du pays à maintenir son statut de puits net de carbone et fait de l’adaptation une priorité stratégique à part entière.
Pour financer cette stratégie, 3 951,314 milliards de francs CFA seront nécessaires. Ce montant se décompose de 83% de fonds destinés à l’atténuation, soit 3 278,6 milliards francs CFA contre 17% pour destinés à l’adaptation soit 672,7 milliards francs CFA. Cet argent servira aux secteurs tels que celui de l’énergie (3 115 milliards francs CFA), les forêts (342 milliards francs CFA) ou encore celui de l’agriculture (242 milliards francs CFA). De cette somme, seulement 92,133 milliards francs CFA ont déjà été mobilisés, soit à peine 2%.
Stratégie
Si la nouvelle CDN et ses ambitions climatique et de développement durable sont à dix ans de l’année de maturité, la fragilité du système financier national et international notamment pour financer les politiques d’atténuation et adaptation notamment dans les pays du sud invite les dirigeants gabonais à user de stratégie pour mobiliser le montant annoncé. Cela dit, la nécessité d’une stratégie ambitieuse et coordonnée de mobilisation des financements climat est plus que urgente.
Pour atteindre ses objectifs de mobilisation financière, le Gabon opte pour une approche innovante. A ce titre, prévient le Conseil national climat (CNC), la création de la Plateforme Gabonaise pour le Financement Climatique (PGFC) servira de guichet unique pour structurer les projets et attirer les investissements. De même, la valorisation des actifs carbone représente un levier financier crucial, avec l’exploitation des 187 millions de crédits REDD+ déjà certifiés et le recours aux mécanismes de l’Article 6 de l’Accord de Paris. Dans la même veine, le pays va également positionner sa stratégie sur les marchés volontaires internationaux et participe activement à l’Initiative Africaine des Marchés Carbone. La mobilisation des fonds philanthropiques notamment les ressources provenant des fondations, des entreprises et des individus disposés à soutenir l’action climatique au Gabon ne seront pas en reste.
Trajectoire d’efficacité
Le pilotage de cette stratégie, son suivi, son efficacité et sa pérennité ne pourront être efficient sans le renforcement du volet institutionnel, MNV (Mesure, Notification et Vérification), le renforcement des capacités du capital humain et entités devant conduire cette politique, la transparence, les outils fiscaux et financiers, etc. Pour financer ces actions, 144,5 milliards de francs CFA seront nécessaires. « Lorsqu’on additionne ce montant au besoin initial, le coût total global de la CDN 3.0, incluant les mesures sectorielles et les mesures transversales de mise en œuvre, s’élève donc à 4 095,464 milliards de francs CFA », prévient le document indicatif de la CDN 3.0.
Michael Moukouangui Moukala






