Financé à hauteur d’environ 900 millions de francs CFA par le Fonds-cadre mondial pour la biodiversité (GBFF), un nouveau programme a été lancé le 29 juin 2026 à Mveng Ayong, dans le département du Komo-Kango. Prévu sur deux ans, il vise à renforcer la protection des communautés rurales face aux incursions de la faune sauvage, grâce notamment à l’installation de barrières électriques et au déploiement de nouveaux moyens logistiques.
Le Gouvernement gabonais franchit une nouvelle étape dans la lutte contre les conflits entre l’homme et la faune sauvage. À Mveng Ayong, localité située à environ 105 kilomètres de Libreville, le ministère des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo a officiellement lancé un projet financé à hauteur de 1,5 million de dollars, soit près de 900 millions de francs CFA, par le Fonds-cadre mondial pour la biodiversité (GBFF).
Cette enveloppe permettra de renforcer les capacités de prévention et de gestion des conflits homme-faune (CHF) à travers plusieurs actions, notamment la construction de barrières électriques dans les zones les plus exposées, le renforcement des moyens logistiques et l’appui aux dispositifs déjà déployés sur le terrain. Pour Maurice Ntossui Allogho, cet investissement marque une nouvelle étape dans la stratégie nationale de protection des populations rurales.
« Le Fonds-cadre mondial pour la biodiversité représente un montant d’environ 1,5 million de dollars, soit près de 900 millions de FCFA. Ces ressources serviront à renforcer les capacités en matière de construction de barrières électriques sur l’ensemble du territoire. Elles viendront également compléter les financements du CAFI et de TNC. Après les barrières électriques, il y a aussi la politique de battues administratives ou de légitime défense. »
Le projet sera mis en œuvre sur une période de deux ans avec l’appui technique de l’ONG The Nature Conservancy (TNC), en collaboration avec le ministère des Eaux et Forêts. Cette première phase doit permettre d’évaluer l’efficacité des solutions retenues avant un éventuel déploiement à plus grande échelle.
Comme l’explique Stanislas Stephen Mouba, directeur pays de The Nature Conservancy, l’ambition est d’inscrire cette initiative dans la durée. « Sur ce projet, nous collaborons directement avec le ministère des Eaux et Forêts. Ce projet va durer deux ans avec un rôle essentiellement pilote afin de nous permettre de calibrer une action qui pourra être déployée sur une période plus longue de dix ans. », a-t-il fait savoir.
À Mveng Ayong, les effets des barrières électriques sont déjà visibles. Après plusieurs années de pertes agricoles provoquées par les éléphants, certains habitants affirment avoir retrouvé des conditions plus favorables pour cultiver leurs terres. C’est le cas de Jeanne Bidang Bi Angoue, habitante du village, qui témoigne du changement observé depuis l’installation du dispositif. « Pendant presque huit ans, nous ne pouvions récolter ni feuilles de manioc, ni feuilles de taro, rien du tout. Même si tu plantes près de la véranda, les éléphants viennent tout dévaster. Depuis que j’ai la barrière électrique, il y a déjà un an, je me sens vraiment soulagée », témoigne-t-elle.
Avec près de 88 % de son territoire recouvert de forêts, le Gabon fait de la préservation de la biodiversité un axe majeur de sa politique environnementale. À travers ce financement de près de 900 millions de FCFA, les autorités entendent mieux protéger les populations rurales tout en conciliant conservation de la faune et développement des activités agricoles.
Wilfried Mba N






