Alors que la spoliation devient un fléau dans la société gabonaise, le Collectif des Écologistes du Gabon a rencontré il y a quelques jours, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, 2e Vice-président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) pour discuter de la nécessité, au Gabon, de la reconnaissance du droit foncier coutumier, afin de stopper l’expulsion dramatique des communautés locales.
Au Gabon, il ne se passe pas un jour sans qu’une famille soit déposséder de ses terres ancestrales Du jour au lendemain, nombreuses sont les familles qui se réveillent spoliées, sommées de déguerpir de terres qu’elles occupent ou cultivent pourtant depuis des générations. Leur tort ? Ne pas posséder de titre foncier, ce précieux sésame de papier face auquel la mémoire des anciens ne pèse juridiquement pas.
Face à ce phénomène qui prend de l’ampleur dans le pays, courant la semaine, Juste Lemeilleur Temba et Walter Mbamy membres du Collectif des Ecologistes du Gabon sont allés exposer cette réalité à Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, 2e Vice-Président du Conseil Economique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC). Au centre des discussions, la reconnaissance juridique du droit foncier coutumier au Gabon.
Pour le Collectif des Ecologistes, le constat de terrain est sans appel, l’absence de statut légal pour les terres ancestrales a ouvert la boîte de pandore de la spoliation. Profitant des failles d’un système qui considère comme « vacante » toute terre dépourvue de titre foncier, certains opérateurs économiques « véreux » réussissent le tour de force pour obtenir, en un temps record, des titres fonciers officiels sur les forêts, les plantations et les lieux de vie des populations locales.
Du jour au lendemain, des communautés se retrouvent ainsi hors-la-loi, chez elles, privées de leurs espaces de vie et de subsistance. « En sacralisant le système d’immatriculation moderne au détriment de l’occupation traditionnelle, le cadre législatif actuel valide, de fait, une dépossession de masse des terres ancestrales », fait remarquer le Collectif dans une note.
C’est cette injustice structurelle que le Collectif des Ecologistes entende briser. Devant le vice-président du CESE, les deux leaders écologistes ont martelé que la reconnaissance du droit foncier coutumier n’est pas une simple réclamation technique, mais une mesure de survie identitaire.
Sécuriser ces terres par la loi, c’est protéger l’histoire des communautés, leurs cimetières, leurs sites sacrés et leurs savoirs ancestraux. C’est également un enjeu écologique majeur, car les données mondiales prouvent que la forêt équatoriale n’a jamais de meilleurs gardiens que les populations locales qui en dépendent directement.
Face à ce réquisitoire, le Vice-Président du CESEC, figure de proue de la société civile connectée aux réalités profondes du pays, a prêté une oreille particulièrement attentive. Le CESEC, en tant qu’organe consultatif majeur, a désormais l’opportunité de formuler un avis historique pour impulser une réforme profonde du code foncier gabonais. Le défi est immense. Il s’agit de forcer l’État et les investisseurs à respecter le principe du Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP) avant toute attribution de concession.
Le Gabon, qui aime se présenter à l’international comme le champion de la biodiversité, fait face à son plus grand miroir : il lui faut décider si l’avenir de sa nature se construira en protégeant ses citoyens, ou en les condamnant à l’exil sur leur propre sol.
Source : communiqué du Collectif des Ecologistes






