Malgré la déclaration de l’état d’urgence hydrique par le président de la République, de nombreux habitants du Grand Libreville devront encore faire preuve de patience avant de retrouver une alimentation régulière en eau potable. Selon les autorités, les premiers effets concrets des grands chantiers en cours ne devraient être perceptibles qu’à partir du mois de décembre, soit dans environ six mois.
En visite d’inspection sur plusieurs infrastructures hydrauliques stratégiques, le ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Energie, Philippe Tonangoye, a fait le point sur l’état d’avancement des travaux destinés à renforcer durablement la production d’eau potable. Accompagné du directeur de cabinet adjoint du chef de l’État, il s’est rendu notamment sur les sites de Mbomo et de Ntoum, où sont menés d’importants travaux avec l’appui de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) et de Suez.
À Mbomo, le projet de station de pompage affiche un taux d’exécution d’environ 70%. Selon le Ministre, quelques financements restent encore à mobiliser avant son achèvement. L’objectif, d’après lui, est de terminer les travaux au mois d’octobre, d’effectuer les essais en novembre et de mettre en service les installations dès le mois de décembre.
Cette première phase permettra d’injecter 35 000 m³ d’eau supplémentaires dans le réseau du Grand-Libreville. Une seconde phase, prévue par la suite, ajoutera un volume équivalent, portant la capacité supplémentaire à 70 000 m³ d’eau.
En parallèle, plusieurs travaux de réhabilitation sont programmés à la station de traitement de Ntoum. Ils concernent notamment les équipements de pompage, les systèmes de filtration ainsi que différents aménagements techniques destinés à améliorer les performances des installations et la qualité de l’eau distribuée.
Les autorités comptent également renforcer les capacités de production grâce à de nouveaux forages.
Face à une crise qui affecte depuis plusieurs mois des milliers de ménages, le Gouvernement mise sur l’état d’urgence hydrique pour accélérer les procédures administratives, mobiliser rapidement les financements et améliorer les infrastructures de production, de stockage et de distribution de l’eau.
« Il faut que l’on apporte de l’eau aux robinets des Gabonais le plus rapidement possible », a insisté le Ministre, rappelant que cette situation constitue une priorité nationale.
En attendant la mise en service des nouvelles infrastructures, les populations devront néanmoins continuer à composer avec les difficultés d’approvisionnement. Si les délais annoncés sont respectés, les premiers quartiers concernés pourraient commencer à bénéficier d’une amélioration progressive de la desserte en eau potable à partir du mois de décembre. D’ici là, l’état d’urgence hydrique devra surtout permettre d’accélérer les travaux afin de limiter autant que possible la durée des pénuries qui frappent encore une grande partie du Grand Libreville.
Wilfried Mba N






