Plusieurs jeunes originaires du Gabon, du Cameroun, de la Côte-Ivoire, du Ghana, du Libéria, de la Sierra-Leone, de la RDC et du Congo Brazzaville membres de l’Alliance informelle se positionne comme un rempart pour venir en aide aux communautés suivent depuis lundi, une formation politique en vue de mieux affiner leur leadership et combat sur les questions sensibles telles que celle de l’expansion des plantations industrielles de palmiers à huile qui privent les communautés de leur forêt et de leur terre.
Organisée à Essassa dans un hôtel de la place par l’ONG Muyissi Environnement, la formation fait le tableau des impacts négatifs de l’implantation et l’expansion des plantations industrielles de palmiers en Afrique de l’Ouest, de l’Est et du Centre. Elle exulte les dérives de ce lien forcé, présente les enjeux et défis socio-économiques et environnementaux de cette privation et, les expériences des différents pays comme modèle de réflexion et de quête de solutions.
Pour Ladislas Ndembet, Secrétaire exécutif de l’ONG Muyissi Environnement, cet exercice d’Essassa, dans la commune de Ntoum, à plusieurs kilomètres de Libreville, est essentiel dans la mesure où, « partout en Afrique (…), la même guerre silencieuse fait rage. Une guerre selon lui, pour la préservation de nos terres, nos forêts, nos femmes et l’avenir de nos communautés ».
Les protagonistes de cette « guerre » ne sont autres que les multinationales spécialisées dans l’agro-industrie. Au Gabon, l’Alliance de lutte contre l’expansion des monocultures industrielles d’huile de palme pointe du doigt Olam Palm. Au Cameroun, en RDC, au Nigéria, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Congo et en Ouganda il s’agit respectivement de Socapalm, Herakles, Néo Industries, Feronia, Okumu Oil, Socfin, Siat, Eco Oil et Bidco. Dans ces pays, selon le portrait fait par les représentants de l’Alliance, ces agro-industries sont au cœur des tensions touchant le foncier et toutes les commodités de vie rurale allant avec.
Rivières polluées, forêts détruites, tombes profanées, pêche interrompue, l’implantation des agro-industries dans le domaine rural induit des graves conséquences sur le mode et les sources de vie des communautés dans les villages. Actrices de dynamiques sociales et économiques villageoises, les femmes, estime Muyissi Environnement, paient le lourd tribu de ce voisinage forcé. « Marginalisées, agressées, elles parcourent des kilomètres pour chercher de l’eau et de la nourriture. Partout, les jeunes voient leurs terres disparaître avant même d’avoir pu les cultiver », fait constater Ladislas Ndembet.
Ces inégalités sont renforcées par le non-respect des contrats sociaux par les agro-industries, à l’exemple de la promesse de construction d’hôpitaux, d’écoles, de mise en place des coopératives. Ce qui est source de précarité. Le laxisme des autorités compétentes renforce tout aussi, la toute puissance de ces agro-industries.
Face à ces dérives, l’Alliance informelle se positionne comme un rempart pour venir en aide aux communautés. « Nous nous battons contre l’expansion industrielle des palmiers à huile et d’hévéas. Des plantations qui ne nourrissent pas nos peuples, mais qui sont faites pour l’export. Des plantations qui prennent nos terres pour presque rien, pendant que nos villages souffrent », a fait savoir le Secrétaire exécutif de l’ONG Muyissi Environnement.
Ce combat rejoint celui de la Convergence des luttes pour la terre, l’eau et les semences (CGLTES) qui lors du Forum Social Mondial (FSM) organisé du 4 au 8 aout 2026 à Cotonou, au Bénin, a inscrit la problématique de l’accaparement des terres au cœur de son combat pour les peuples africains. Mais qu’il s’agit de l’Alliance ou de la Convergence, seule l’unité s’illustre ici, visiblement comme la stratégie ultime pour lutter contre ce « colonialisme agricole ».
Michaël Moukouangui Moukala






