A Kougouleu, village situé à 56 kilomètres de la capitale gabonaise Libreville, une exploitation de sable détenue par des chinois et visiblement trompeuse a drastiquement polluée la rivière éponyme, privant les populations d’un point d’eau à proximité de leurs habitations. Face à ce désagrément, les populations par l’entremise de l’ONG Bwete Te Bwete, interpellent le Vice-président en charge du Gouvernement et par-delà tout, le président de la République pour que solution soit trouvée.
Se procurer de l’eau potable pour les besoins urgents comme la consommation quotidienne, se doucher, faire la vaisselle, la lessive ou encore arroser son petit potager relève d’un casse-tête à Kougouleu depuis que le Permis N°G1-3012 suivant la décision n°000017/MM/SG/2025 ET Vue la loi n°037/2018 a été attribué à la société Ogooué Digital Gold. L’eau de la rivière, jadis claire, est devenue d’une couleur jaunâtre, chargée en particules de boue dû aux activités supposées d’extraction de sable réalisées en amont par la société opérée par des chinois.
Lors du lancement des activités d’Ogooué Digital Gold qui opère sous un nom trompeur à savoir Khaloiza Stone Mining, les populations disent avoir conseillé à la société de procéder à l’extraction du sable en aval. Faisant fi de ces conseils, la société a lancé les activités en amont, polluant l’eau, réduisant la hauteur du lit de la rivière et perturbant son cours normal. « Depuis que l’opérateur économique est rentré à Kougouleu, la couleur de l’eau de la rivière a changé. Une eau que nous ne pouvons même pas utiliser pour laver, ne serait-ce que la vaisselle. Si nous n’arrivons pas à laver la vaisselle avec, on ne peut la prendre pour nous laver ou laver nos vêtements », a fait savoir Clémentine Minkue Mi-Edzogo, Cheffe du village Kougouleu.
Les intérêts personnels avant le bien-être des populations
Ce cauchemar écologique serait, à en croire les histoires entourant l’implantation d’Ogooué Digital Gold, l’œuvre d’une dame ayant ses origines et ses quartiers à Kango. D’après les récits formulés ici et là par les populations, cette dernière aurait largement agit pour l’implantation de cette extraction à Kougouleu, alors qu’un village voisin a été d’emblée écarté du projet. Si son nom ne nous a pas été révélé, on peut se poser la question de savoir qui est cette dame qui, du jour au lendemain, a décidé de sacrifier la vie de ces populations ? Une question tout autant nécessaire que la rivière est assez petite pour accueillir une extraction d’une telle ampleur.
A en croire d’une part le mystère entourant cette dame et, d’autre part, le jeu de dupe des populations auquel s’adonnent les exploitants chinois, Il va s’en dire, que des personnalités à la fois de l’administration des Mines et de l’Environnement pourraient être éclaboussés par cette affaire. Sinon, comment comprendre et expliquer qu’une société qui officiellement se présente comme exploratrice de sable, se retrouve derrière, loin des regards, a pratiqué une activité autre que ce qu’elle présente officiellement au publique. « Nous avons écrit aux autorités pour alerter de la couleur de cette eau. Mais les autorités n’ont pas encore réagi », ajoute le Cheffe.
Derrière le sable, la flagrance de l’exploitation de l’or
A Kougouleu, derrière le semblant d’exploitation de sable, notre journaliste avec à ses côtés les populations, ont découvert des curiosités qui laissent entrevoir une exploitation de l’or bien dissimulée. Entre autres : la pancarte installée juste à l’arrière de la carrière, loin des regards curieux, les produits chimiques visiblement constatés dans l’eau, des engins lourds comme des compacteurs servant dans les cas d’exploitations de l’or a retourné la terre, un groupe électrogène pour faciliter le travail de nuit. S’agissant du dernier point, un habitant ayant requis l’anonymat s’est plaint du ronronnement chaque nuit, du groupe électrogène. Son habitation n’étant pas très loin du site.
Face à ces gravités, les populations interpellent le président de la République pour qu’une solution soit trouvée. Et pour cause, la seule source d’eau naturelle, se trouvant au niveau du pont situé à l’entrée du village ne permet pas à tout le monde d’effectuer ce trajet chaque jour, car étant situé loin de certaines habitations. De plus, la pompe hydraulique installée au milieu du village, laquelle fonctionne aux panneaux solaires dépend des caprices du temps. « Certes, l’hydraulique villageoise existe mais lorsqu’il n’y a pas de soleil, c’est difficile de puiser de l’eau. Vous pouvez passer une heure juste pour remplir deux ou trois bidons de 15 litres. Chose qui n’est pas normale », conclut Sieur Francis.
Violation de la règlementation minière
« Les défaillances observées sur le site témoignent d’une non-conformité flagrante aux prescriptions du Code de l’environnement et suggèrent soit une absence de Quitus Environnemental valablement délivré, soit une violation caractérisé du Plan de gestion environnemental et sociale (PGES) », souligne l’ONG Bwete Te Bwete dans une correspondance adressée au ministère des Mines en date du 31 août 2026. Selon l’ONG, « les atteintes constatées sur le terrain apparaissent manifestement non conformes aux mesures de protection qui devraient, le cas échéant, être prévues par cette étude dont l’existence et le contenu méritent d’être formellement vérifiés. »
Ce constat invite à plonger dans le Code Minier national. Le chapitre Ier relatif aux « dispositions générales » issu du Titre XV qui consacre l’hygiène, la santé, la sécurité, de la protection de l’environnement et de la responsabilité civile industrielle est assez claire sur la protection de trois dimension essentielles : l’usage, le débit ou la qualité des eaux de toute nature. De plus, ajoute l’article 158 du Code Minier, « lorsque les travaux de prospection, de recherche ou d’exploitation présentent des risques relatifs aux domaines visés à l’alinéa 1er ci-dessus, l’administration en charge des mines peut prescrire, en tant que de besoin, sur avis des services compétents des ministères concernés, dans un délai déterminé, des mesures de sauvegarde aux frais de l’opérateur, conformément aux modalités fixées par voie réglementaire ».
Le même Code consacre les Etudes d’impacts environnementales et sociales comme urgente nécessité. Cette exploitation a-t-elle fait fi de cette procédure ? Comment ces études, s’ils existent, ont-ils pu garantir le démarrage des activités sans prévoir les conséquences qui en découlent aujourd’hui ? Ces questions montrent qu’à un moment ou à un autre, les exigences du Code Minier ont été violées à des fins discutables. Face à ce constat, à qui imputé la responsabilité de ce désagrément à l’égard des populations ? La société, le ministère des Mines ou celui de l’Environnement ?
Michael Moukouangui Moukala






