Le Gabon entend resserrer le contrôle autour du Kevazingo et de l’Ebana. Réuni le 18 septembre à Port-Gentil, le Conseil des ministres a adopté un projet de décret modifiant et complétant le décret n°0409/PR/MEF du 21 octobre 2024 relatif à l’exploitation du Kevazingo.
Si ce n’est pas la première fois qu’un l’encadrement de l’exploitation du Kevazingo fait l’objet de manipulation gouvernementale, le nouveau texte lui, renforce les conditions d’exploitation, de traçabilité, de transformation et d’exportation de deux essences, conformément aux exigences de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Parmi les nouvelles exigences figure la nécessité d’obtenir un avis scientifique favorable avant toute exploitation.
Le texte impose également l’identification et la traçabilité préalables des arbres, tandis que la valorisation des stocks antérieurs fera l’objet d’un encadrement plus strict. Pour les autorités, ce dispositif doit permettre de mieux suivre l’origine des bois et de renforcer les contrôles tout au long de la chaîne d’exploitation.
Le Gouvernement prévoit par ailleurs une transformation locale renforcée avant toute exportation. Cette orientation s’inscrit dans la politique de valorisation des ressources forestières sur le territoire national, mais aussi dans la volonté affichée de lutter contre l’exploitation illégale et le trafic de ces essences. Le Kevazingo fait déjà l’objet d’un encadrement spécifique au Gabon : le décret adopté en 2024 avait notamment introduit des exigences de traçabilité par géo-référencement et un permis CITES pour l’exportation des produits finis.
La nouvelle réglementation intervient alors que la traçabilité constitue un enjeu central de la gouvernance forestière au Gabon et à travers le monde. Pour le Kevazingo comme pour l’Ebana, l’identification préalable des arbres doit permettre de mieux distinguer les bois légalement exploités des produits issus de circuits frauduleux. L’efficacité du dispositif dépendra toutefois de son application sur le terrain, notamment de la capacité des services forestiers à assurer le contrôle, le suivi documentaire et la vérification physique des produits.
Avec ce projet de décret, le ministère des Eaux et Forêts entend ainsi renforcer le dispositif de contrôle de deux essences particulièrement sensibles dans la filière bois. Reste désormais à observer les modalités concrètes de mise en œuvre de ces nouvelles exigences et leurs effets sur les pratiques des exploitants, la transformation locale et la lutte contre le commerce illégal du bois.
Wilfried Mba N.






