Laboratoire naturel, le parc national de la Lopé ne cesse de susciter l’intérêt de la communauté scientifique en vue de comprendre les dynamiques écologiques et climatiques à l’œuvre en Afrique centrale. Cette nécessité justifie l’organisation du 24 au 30 octobre 2026 au CEDAMM, par l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), sous la coordination technique de sa Cellule scientifique, d’un atelier de « validation des protocoles de collecte des données de phénologie, de biomasse, de stock de carbone, météorologiques et de faune sauvage ».
Faire le point sur l’avancement des livrables à fournir à TNC dans le cadre d’un comité scientifique, organiser un atelier pour valider les protocoles harmonisés et standardisés entre l’ANPN et le CENAREST, notamment ceux relatifs à la météorologie, au suivi de la faune, à la phénologie et au carbone, puis procéder à une formation sur leur mise en œuvre. Tels sont les trois objectifs qui ont justifié, durant environ une semaine, la rencontre scientifique de la Lopé.
La rencontre s’inscrit dans un contexte national marqué par divers enjeux et défis, tant sur le plan écologique que climatique. Les partenaires scientifiques, techniques et financiers, parmi lesquels l’ANPN, le CENAREST, l’AGEOS, TNC, le Cirad, l’IRD, le WWF, le WCS et CAFI, ainsi que les autres acteurs concernés par ces défis, y ont pris une part active.Au Gabon, la lutte contre les changements climatiques relève d’un engagement politique, qui repose cependant sur la connaissance, la compréhension et la gestion scientifique durable des écosystèmes. En effet, la consolidation de la croissance du pays repose sur des politiques et des actions durables de sauvegarde des écosystèmes naturels, tout en honorant ses engagements climatiques internationaux. Pour atteindre ces objectifs, des leviers tels que le Cadre national d’investissement (2017) et le partenariat avec l’Initiative pour les forêts d’Afrique centrale (CAFI) sont essentiels.
À moyen et long terme, le Gabon s’est engagé à réduire de 50 % ses émissions de gaz à effet de serre issues du secteur de l’utilisation des terres et de la foresterie (UTCF), par rapport aux niveaux de 2005. Pour concrétiser cette ambition, le pays peut s’appuyer sur le Système national d’observation des ressources naturelles et forestières (SNORNF), soutenu par le programme CAFI. Ce système permet de développer des protocoles standardisés de collecte de données environnementales et fauniques, indispensables pour documenter l’état des écosystèmes, suivre les stocks de carbone et éclairer la prise de décision.
Avec plus de 35 ans de données écologiques continues, la Lopé représente un véritable laboratoire naturel pour le suivi de la biodiversité et du climat en Afrique centrale. Les protocoles scientifiques élaborés et validés par différents comités scientifiques et techniques ont permis, à ce jour, de collecter des données sur la phénologie de plus de 700 arbres, la dynamique forestière, la faune, les feux de savane, la météorologie et le carbone forestier.Sur le choix de la Lopé pour accueillir cette rencontre, le professeur Stephan Ntie, conseiller scientifique à l’ANPN, explique que la Lopé est un « supersite » au Gabon et que c’est « la station où la plupart de ces protocoles sont mis en œuvre et où ils ont été développés ». Pour lui, il était donc de bon aloi, et « beaucoup plus pratique », de réunir tout le monde à la Lopé pour le CST, l’atelier de validation et la formation à la mise en œuvre de ces protocoles.
La Lopé n’est cependant pas la seule station de recherche scientifique en écologie au Gabon. Selon le professeur Stephan Ntie, il en existe trois dans les aires protégées nationales : « Il y a Lopé, la SGC, la station de recherche d’Ipassa dans le parc de l’Ivindo et celle de Doussala, dans le parc national de Moukalaba-Doudou, qui sont toutes gérées par le CENAREST. »
Michael Moukouangui Moukala






