Après deux jours d’intenses activités autour des forêts, populations, finances et de la nature, les Organisations de la société civile (OSCs) du bassin du Congo, réunies à Libreville à l’occasion de la troisième conférence organisée par Greenpeace Afrique et Brainforest, ont unanimement retenu six priorités communes devant guider leur plaidoyer devant les instances internationales.
Le rendez-vous de Libreville s’achève sur une volonté forte de faire de cette conférence, non pas la fin des discussions, mais le point de départ d’une nouvelle étape d’action collective. A l’unanimité, organisations de la société civile et l’Etat gabonais via le ministère des Eaux et Forêts ont reconnu le bien fondé de poursuivre l’action pour une gouvernance forestière juste, équitable, résiliente et, socialement et économiquement bénéfique pour les peuples autochtones et les communautés locales.
Dans leur déclaration (de Libreville), les organisations de la société civile ont réaffirmé leur détermination à protéger les forêts du bassin du Congo, patrimoine écologique, culturel et humain essentiel à l’équilibre climatique mondial. Non, sans manqué de faire constater que les répressions liées à l’exploitation non durable des ressources, aux activités extractives et la conversion des terres persistent et les droits fonciers coutumiers restent insuffisamment reconnus. « Les communautés demeurent trop souvent exclues des décisions qui affectent leur territoire et les financements annoncés atteignent difficilement voire très peu les organisations locales et les peuples qui protègent cet écosystème », ont-elles fait savoir.
Si la rencontre de Libreville offre une planche de salut face à ces maux, les mécanismes tels que l’observation indépendante, la cartographie participative, la co-gestion des espaces forestiers, les initiatives communautaires de conservation, l’agro-écologie et le financement direct, exigent cependant une volonté politique réelle, des moyens adaptés et la reconnaissance des communautés comme partie prenante à part entière de la gouvernance du bassin du Congo. S’appuyant sur les discussions de Libreville, cette reconnaissance est nécessaire pour consolider les engagement issu des conférence Yaoundé, Kinshasa et partant de Libreville.
« Les témoignages de toutes les communautés et des populations affectées par les projets destructeurs effectués au niveau du bassin du Congo nous ont rappelé une vérité fondamentale : nous ne pouvons protéger durablement les forêts sans protéger les droits et les moyens de subsistance des populations qui en dépendent », a fait remarquer le Dr. Oulie Keita, directrice exécutif de Greenpeace Afrique.
Pour elle, pour pérenniser durablement l’implication des peuples autochtones et des communautés locales dans la préservation des forêts du bassin du Congo, les Etats, les décideurs politiques et les partenaires au développement, doivent tout aussi, de consolider les priorités communes qui se sont dégagées lors de la rencontre de Libreville. Au nombre de six, ces priorités sont : (1) la protection des écosystèmes sensibles, (2) la garantie des droits des peuples autochtones et des communautés locales, (3) le renforcement de la documentation des impacts environnementaux et sociaux, (4) la promotion des alternative économique durables, (5) la facilitation de l’accès direct aux financements climatique et environnementaux et (6) le renforcement de la coopération régionale.
Hôte de la troisième conférence, le Gabon, via la voix de Maurice Ntossui Allogo, ministre des Eaux et Forêts, a réaffirmé sa volonté inébranlable de « poursuivre ses engagements en faveur de la gestion durable de nos écosystèmes forestiers, de la conservation de la biodiversité, de la lutte contre les dérèglements climatiques et de la participation effective des communautés locales et des peuples autochtones aux processus décisionnels ».
« Notre pays continuera d’agir, aux côtés de nos États frères du Bassin du Congo et de l’ensemble des parties prenantes, pour faire de notre patrimoine forestier un puissant levier de développement durable, de prospérité partagée et de stabilité environnementale », a fait savoir le Ministre.
La rencontre de Libreville s’achève sur une note globale de satisfaction avec cependant, la volonté de « transformer les recommandations de Libreville en actions concrètes ». Mais pour le Dr. Oulie Keita, alors que se peaufine la COP31, cette volonté doit aller au-delà d’un simple appel à l’action par l’unification de la position de la sous-région pour une participation déterminée lors de la grande messe du climat qui se tiendra à Antalya en Turquie du 9 au 20 novembre prochain.
Michael Moukouangui Moukala






