Commentant l’article « The next ayahuasca? Gabon fights to protect sacred plant from US drug companies » du journal American The Guardian, entendez par là, « La prochaine ayahuasca ? Le Gabon se bat pour protéger une plante sacrée face aux laboratoires pharmaceutiques américains », le Professeur Lee White, ancien ministre de l’Environnement du Gabon, revient dans un post sur son compte LinkedIn, sur son implication dans la sécurisation de l’Iboga, cette plante sacrée du Gabon objet, ces derniers temps, de toutes les convoitises.
« En tant que ministre de l’Environnement au Gabon, en 2022, j’ai autorisé la première vente d’iboga entièrement légale et conforme au protocole de Nagoya, cultivée par une petite coopérative villageoise du nord-est du Gabon(…) ». Avant cela, précise le Biologiste d’origine Britannique, « toute l’iboga extraite du Gabon, y compris les graines utilisées pour créer des plantations au Costa Rica, au Brésil, au Cameroun, en Chine… et l’iboga utilisée pour mener des recherches dans des universités aux États-Unis et en Europe, ou pour traiter des toxicomanes dans des centaines de cliniques à travers le monde, était prise illégalement au Gabon ».
Pour ce qui l’ignore, le Protocole de Nagoya est un accord international adopté en 2010 pour encadrer l’accès aux ressources génétiques et aux connaissances traditionnelles, ainsi que le partage juste et équitable des avantages issus de leur utilisation, afin de lutter contre la biopiraterie. Usuellement, le Protocole est censé faire progresser considérablement le troisième objectif de la Convention sur la diversité biologique en assurant une plus grande certitude juridique et une transparence accrue pour les fournisseurs et les utilisateurs de ressources génétiques.
Le Protocole de Nagoya a été adopté pour protéger des ressources naturelles et génétiques telles que l’Iboga. Depuis des décennies, la plante sort progressivement des temples Bwiti pour aiguiser la curiosité des laboratoires scientifiques des grandes universités aux Etats-Unis et en Europe, en vue de faire évoluer la recherche sur la toxicomanie. Visiblement, l’Iboga est un bon candidat. En atteste, l’engouement autour. Dans ce soudain appétit pour la plante, nombreux sont ceux qui ont eu recours aux réseaux illicites pour se procurer l’Iboga. Costa Rica, Brésil, Cameroun, Chine… l’iboga était au cœur de toutes les convoitises.
La démarche évoquée par Lee White avait conduit à la commercialisation de l’Iboga au prix de plus de 1,3 millions de francs CFA le kilogramme, soit 2 000 euros par kg d’écorce de racine séchée, avec l’engagement d’atteindre 6 000 exemplaires. Si la communication de Lee White vente les efforts entrepris, elle ne dit cependant combien cette vente a rapporté et qui a réellement bénéficié de la transaction issue de la vente de cette ressource. Parents pauvres de la conservation, les communautés locales sont souvent mises en avant pour faciliter certaines transactions commerciales transnationales et verdir le discours sur les initiatives écologiques. Ce, reconnait Lee White, alors que « le monde ne connaîtrait pas l’Iboga sans les connaissances traditionnelles du peuple gabonais ».
« Si elle s’avère être la base des traitements du PTSD, des lésions cérébrales, des addictions ou de maladies comme la maladie de Parkinson et Alzheimer, un pourcentage équitable des recettes doit revenir à la République gabonaise et à son peuple », conclut Lee White.
Séraphin Lame






