Nommé à la tête du ministère de l’Environnement et du Climat, Stanislas Stephen Mouba hérite de plusieurs dossiers majeurs, allant de la gestion des déchets plastiques à la capitalisation des crédits carbone, en passant par le contrôle des activités industrielles et le financement de l’action climatique. Pour le nouveau ministre, l’enjeu sera de traduire les ambitions environnementales et climatiques du Gabon en résultats concrets, dans un contexte où plusieurs difficultés persistent sur le terrain.
Premier défis majeur de la gouvernance Mouba, la pollution plastique illustre au Gabon, l’écart entre réglementation et réalité. Dans le Grand-Libreville par exemple, entre 700 et 900 tonnes d’ordures ménagères sont produits chaque. Une part importante de ces déchets plastiques qui s’accumulent dans les quartiers, les canaux et le littoral de l’estuaire.
Fait concret, à Lalala, une opération menée en septembre 2026 par la Sobraga et le Réseau gabonais pour l’environnement et le développement durable (RGEDD) a permis de ramasser 465 kg de déchets plastiques. De son côté, l’ONG La Liane déclare avoir collecté plus de 2,8 millions de déchets plastiques dans les mangroves et les milieux aquatiques associés du Grand-Libreville depuis 2022. Ces chiffres, établis sur des périodes et des périmètres différents, témoignent de l’ampleur et de la persistance du problème.
Autre chantier, malgré l’interdiction de certains sachets plastiques à usage unique, leur présence dans les circuits commerciaux et les milieux naturels interroge sur l’application effective de la réglementation. Les opérations menées par les entreprises et les organisations de la société civile contribuent à limiter les déchets présents dans l’environnement, mais elles ne peuvent se substituer à des contrôles réguliers ni à une gestion durable des déchets collectés. Le renforcement des mécanismes de suivi, la disponibilité d’alternatives accessibles et le développement des filières de recyclage restent donc essentiels.
Au-delà des déchets, le suivi des obligations environnementales des entreprises pétrolières, minières et industrielles constitue un autre chantier important. Le respect des plans de gestion environnementale et sociale doit permettre de mieux encadrer les activités économiques et de limiter leurs effets sur les écosystèmes. La protection des forêts, des mangroves et des milieux marins appelle également une vigilance constante, alors que les pressions liées aux activités humaines rendent nécessaire une meilleure conciliation entre exploitation des ressources et préservation de la biodiversité.
Enfin, la mobilisation des financements climatiques et la participation du Gabon aux négociations internationales complètent ces urgences. Mais la crédibilité des engagements pris à l’extérieur dépend aussi des progrès réalisés au niveau national. Pour Stanislas Stephen Mouba, le défi sera de renforcer la coordination des acteurs, l’application des textes et le suivi des politiques publiques. Car la portée de l’action environnementale se mesurera moins aux ambitions affichées qu’aux changements effectivement observés sur le terrain.
Wilfried Mba N






