Entre 1970 et 2022, la taille moyenne des populations de vertébrés sauvages suivies a diminué de 73 %, alerte le WWF dans sa dernière édition du Rapport Planète Vivante, publiée en 2026.
Depuis près de 30 ans, le WWF mesure l’évolution de la biodiversité mondiale avec le Rapport Planète Vivante. Cette nouvelle édition 2026 confirme, hélas, le déclin de nombreuses populations de vertébrés sauvages. À l’échelle mondiale, la taille moyenne des populations suivies a diminué de 73 % entre 1970 et 2022. Cette évolution traduit, selon le WWF, le déclin d’un grand nombre de populations, même si toutes ne suivent pas la même trajectoire.
À noter : ce chiffre est une moyenne mondiale. Il ne signifie ni que 73 % des animaux ont disparu, ni que 73 % des espèces sont en déclin. « Les trajectoires diffèrent fortement selon les régions, les espèces et les milieux : certaines populations diminuent fortement, tandis que d’autres restent stables ou progressent », note le WWF dans un résumé de publication.
Au total, 35 803 individus vertébrés sauvages sont suivis par l’Indice Planète Vivante (IPV) du WWF, contre une représentation de 5 790 espèces dans le Rapport. En Amérique du Nord, ce déclin est évalué à -28 %, contre -95 % en Amérique latine, -23 % en Europe et en Asie centrale, -80 % en Afrique et -49 % en Asie et dans le Pacifique.
Au constat, force est de constater que les zones tropicales que sont l’Amérique latine et l’Afrique sont les plus impactées par ce déclin. L’une des causes de cette forte pression serait en partie due au rôle économique de ces régions pour le monde. En effet, une bonne partie du PIB mondial dépend modérément ou fortement de la nature et des services qu’elle fournit. Par ailleurs, la destruction et la dégradation des habitats, la surexploitation des ressources et les changements climatiques offrent une autre perspective de compréhension de ce phénomène.
Pour le WWF, le déclin n’est pas une fatalité. La conservation peut être une voie de changement, notamment par des actions concrètes basées sur des objectifs clairs, des voies d’action crédibles, la capacité à apprendre et à s’adapter, et la persévérance face aux difficultés.
« La conservation, circonscrit le WWF, reste indispensable, mais elle ne suffira pas à enrayer durablement la perte de biodiversité. Il faut aussi agir sur les causes du déclin et faire évoluer les systèmes qui exercent les plus fortes pressions sur la nature. » À cela, doit s’ajouter le financement des actions de conservation, véritable levier de préservation de la faune sauvage.
Michael Moukouangui Moukala






