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Aménagement du territoire : les limites de la planification gabonaise

9 janvier 2026
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Aménagement du territoire : les limites de la planification gabonaise
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Le Gabon s’est engagé, depuis plusieurs décennies, dans une politique ambitieuse de préservation de ses écosystèmes, se positionnant comme l’un des pays africains les plus actifs en matière de conservation. Pourtant, derrière cette image de « pays vert », l’évolution de l’occupation humaine met en lumière une dynamique moins maîtrisée : une concentration urbaine croissante autour de quelques pôles majeurs, révélatrice des limites de la politique d’aménagement du territoire et source de pression écologique de plus en plus forte sur les espaces urbanisés.

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Depuis les années 1970, l’urbanisation gabonaise s’organise principalement autour des centres d’activités économiques et industrielles. Libreville concentre les fonctions administratives, politiques et tertiaires, tandis que Port-Gentil et Gamba se sont développées en appui au secteur pétrolier, et Moanda–Mounana autour de l’exploitation minière. Ce schéma, hérité d’un modèle économique extractif et fortement centralisé, a progressivement structuré le territoire autour de quelques pôles dominants, au détriment des villes secondaires et du monde rural.

Les données démographiques illustrent clairement cette polarisation. En 2003 par exemple, quoi que lointain à notre réalité actuelle, Libreville abritait près de la moitié de la population nationale, et les trois principaux centres urbains concentraient plus de 67% des habitants. Cette tendance ne montre aucun signe d’inversion. À l’horizon 2050, près de 91% de la population gabonaise pourrait vivre en milieu urbain, accentuant encore la pression sur des espaces déjà saturés.

L’aménagement à l’épreuve des faits

Conçu pour promouvoir un développement territorial équilibré, le PNAT devait permettre une meilleure répartition des populations, des activités économiques et des infrastructures. Or, la réalité observée révèle un écart persistant entre les objectifs affichés et les dynamiques effectives. L’attractivité limitée des villes intermédiaires, la faiblesse des services sociaux en milieu rural et le recul du rôle structurant des chantiers forestiers ont renforcé l’exode vers les grands centres urbains.

Dans ce contexte, la concentration urbaine apparaît moins comme un phénomène spontané que comme le résultat d’une planification territoriale insuffisamment opérationnelle. Le PNAT peine à s’imposer comme un cadre contraignant capable d’orienter les investissements publics et privés vers un rééquilibrage réel du territoire.

Libreville 2 : une  réponse locale à une crise nationale ?

C’est dans ce contexte de saturation urbaine qu’émerge le projet Libreville 2, présenté comme une solution pour désengorger la capitale et mieux encadrer l’expansion urbaine. Sur le plan technique, l’initiative répond à des enjeux bien identifiés : pression foncière, urbanisation anarchique, vulnérabilité environnementale des zones périurbaines, notamment les mangroves et les bassins versants.

Cependant, si Libreville 2 peut apporter une réponse partielle aux dysfonctionnements du Grand-Libreville, elle ne remet pas en cause la logique structurelle de concentration qui façonne l’occupation humaine au Gabon. En élargissant le pôle dominant plutôt qu’en redistribuant les fonctions économiques, administratives et sociales sur l’ensemble du territoire, le projet risque de renforcer la macrocéphalie territoriale existante. La pression démographique et écologique pourrait ainsi être déplacée, plutôt que d’être véritablement réduite.

Cette approche soulève une question de fond : Libreville 2 constitue-t-elle une solution durable ou une réponse ponctuelle à une crise plus large de l’aménagement du territoire ? En l’absence d’une stratégie nationale visant à renforcer les villes secondaires et à créer de véritables pôles régionaux attractifs, le projet apparaît davantage comme une réponse locale à un déséquilibre structurel.

Une pression écologique concentrée dans les espaces urbanisés

L’urbanisation accélérée exerce une pression croissante sur les écosystèmes urbains et périurbains. L’extension souvent désordonnée des villes entraîne l’artificialisation des sols, la déforestation périphérique et l’occupation de zones écologiquement sensibles. À Libreville comme dans d’autres centres urbains, les difficultés liées à la gestion des déchets, aux inondations et à la pollution illustrent les limites d’un développement urbain suffisamment intégré aux enjeux environnementaux.

Ce phénomène met en évidence un paradoxe gabonais : alors que le pays protège une part significative de son territoire à travers les parcs nationaux et les aires protégées, les zones où se concentre la majorité de la population deviennent les plus exposées aux dégradations environnementales. La pression sur les écosystèmes ne disparaît pas ; elle se déplace vers les territoires habités.

Repenser l’aménagement du territoire

La perspective d’une urbanisation quasi totale d’ici 2050 impose une réflexion de fond sur l’efficacité des politiques d’aménagement. Plutôt que de multiplier des projets du type « Libreville 2 » ou d’envisager des duplications mécaniques pour d’autres villes, l’enjeu central réside dans la mise en œuvre d’un plan d’aménagement véritablement opérationnel. Cela suppose un renforcement des villes intermédiaires, une meilleure répartition des infrastructures et des services publics, ainsi qu’une intégration systématique des enjeux écologiques dans la planification urbaine.

À défaut d’un tel rééquilibrage, la concentration urbaine continuera d’agir comme un révélateur des limites de la gouvernance territoriale et comme un facteur aggravant de la pression écologique. Le défi pour le Gabon n’est donc pas seulement de construire de nouvelles villes, mais de repenser en profondeur la manière dont les populations, les activités et les territoires sont organisés, afin de concilier durablement développement, équité territoriale et protection de l’environnement.

Wilfried Mba N.

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