Recevant ce vendredi 09 janvier 2026 Simon Day, l’ambassadeur britannique au Gabon, Maurice Ntossui Allogo, le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat et du Conflit homme-faune (CHF), a étalé une offre à 6,5 milliards de francs CFA pour booster le développement du segment écotourisme dans les parcs nationaux à l’horizon 2030.
La vision des deux hommes vise à faire de l’écotourisme un levier structurant de développement économique et durable, fondé sur la valorisation et la protection des parcs nationaux gabonais.
À la carte de cette vision : 10 000 touristes par an dans les parcs nationaux, une durée moyenne de séjour de 5 nuitées, le développement de lodges haut de gamme, la création de 800 emplois directs, des investissements privés estimés à plus de 6,5 milliards de francs CFA pour les infrastructures touristiques et, enfin, plus de 1,5 milliard de francs CFA de retombées pour l’économie locale.
« Les discussions ont souligné le rôle central des partenariats public-privé et de l’investissement international, en particulier britannique, pour accompagner cette dynamique », souligne le ministre dans un post sur son compte Facebook à la suite de l’entrevue avec le diplomate britannique.
Ce projet est-il tenable ou ne s’agit-il là que d’une annonce de plus ? Si l’on reconnaît l’attrait des Britanniques pour l’écotourisme et leur capacité à accompagner le développement de ce pan, cette annonce semble un peu trop précipitée, sachant l’engouement qu’elle pourrait susciter et le processus des préalables, longs, nécessaires à la formalisation de ce projet.
En effet, si le Gabon est réputé pour ses efforts de conservation de sa biodiversité, le pan écotourisme reste à ce jour un secteur sous-développé du tourisme. Une situation liée à de nombreux facteurs, notamment le manque d’infrastructures, le sous-développement du secteur et le manque de débouchés.
L’annonce de Ntossui Allogo vient s’ajouter à la longue liste des promesses non réalisées dans ce secteur, telles que celles faites il y a juste quelques mois en arrière par Pascal Ogowe Siffon, ministre du Tourisme placé sous mandat de dépôt pour des faits de malversations financières, et qui rêvait de faire du tourisme un levier de développement.
À quatre ans de l’échéance fixée par les deux hommes, quelle sera donc la recette de Maurice Ntossui Allogo pour atteindre les objectifs annoncés ? Dans ce projet, quelle sera la place réservée aux écogardes, maillons essentiels de l’implémentation de ce projet ?
Séraphin Lame






