À l’issue du Plan de convergence 2015-2025, la Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC) entre dans une phase de transition décisive. En ce début d’année 2026, l’organisation régionale doit répondre à une question centrale : comment transformer la reconnaissance internationale du Bassin du Congo en résultats concrets, alors que s’ouvrent les débats sur l’après-2025 ?
Vingt ans après sa création, la Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC) se retrouve à un moment charnière. Pensée comme l’outil de coordination des politiques forestières en Afrique centrale, l’institution arrive au terme du Plan de convergence 2015-2025, sa feuille de route la plus structurante de la dernière décennie.
Ce plan reposait sur six axes prioritaires : l’harmonisation des politiques forestières et environnementales, la gestion durable des ressources, la conservation de la biodiversité, la lutte contre la désertification et les changements climatiques, le développement socio-économique et la participation multi-acteurs, enfin, les financements durables. Dix ans plus tard, le constat est contrasté.
L’empreinte allemande, entre structuration et limites
La période de facilitation allemande a marqué un tournant. Gouvernance, transparence, financements durables : les fondamentaux du dialogue régional ont été consolidés. Le Bassin du Congo a gagné en visibilité, notamment lors des grandes conférences climatiques du début des années 2020.
Mais les limites sont apparues rapidement. La traduction des engagements régionaux au niveau national est restée inégale. Les capacités administratives et financières des États membres, souvent fragiles, ont freiné l’impact réel sur le terrain. Le fossé entre annonces internationales et réalités locales demeure. L’un des points d’achoppement de cette réalité n’est autre que la crise financière qui affecte l’institution avec des retombées sur la gouvernance des politiques forestières de la sous-région.
Où en est la COMIFAC en 2026 ?
En ce début d’année 2026, la COMIFAC se situe dans une zone de transition. Le Plan de convergence est achevé, sans qu’un nouveau cadre stratégique pleinement opérationnel n’ait encore pris le relais. Les évaluations disponibles évoquent des avancées institutionnelles, mais aussi des résultats disparates.
La lutte contre la déforestation illégale, l’harmonisation effective des politiques forestières et l’intégration des communautés locales restent des chantiers ouverts. La coordination régionale progresse, mais peine encore à produire des impacts mesurables à grande échelle.
Des acquis réels, des attentes élevées
Sur le plan politique, la COMIFAC a réussi à imposer le Bassin du Congo comme un acteur central des équilibres climatiques mondiaux. La région est désormais incontournable dans les débats sur la biodiversité et les solutions fondées sur la nature.
Sur le plan opérationnel, des outils de suivi et de planification ont été renforcés. Mais la question des financements durables reste le maillon faible. Marchés carbone, paiements pour services écosystémiques, financements innovants : les mécanismes existent, mais leur déploiement reste limité et inégal.
L’après-2025, un tournant décisif
La séquence post-2025 s’annonce décisive. La préparation d’un nouveau plan de convergence devra rompre avec les logiques trop déclaratives et renforcer l’appropriation nationale des engagements régionaux. La place accordée aux communautés locales et peuples autochtones, à la société civile et aux acteurs privés sera déterminante.
Dans un contexte de pressions climatiques et économiques croissantes, la COMIFAC joue désormais sa crédibilité. Le défi est clair : faire du Bassin du Congo autre chose qu’un symbole environnemental, et en faire un espace de développement durable concret pour les États et les populations qui en dépendent.






