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Zones humides : au Gabon, l’urgence écologique à l’épreuve des politiques publiques et des savoirs locaux

2 février 2026
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Zones humides : au Gabon, l’urgence écologique à l’épreuve des politiques publiques et des savoirs locaux
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À la croisée des enjeux environnementaux, sociaux et climatiques, les zones humides figurent parmi les écosystèmes les plus précieux et les plus menacés de la planète. Mangroves, marais, estuaires, plaines inondables ou lagunes assurent des fonctions vitales telles que la régulation des eaux, l’atténuation des inondations, le stockage du carbone, la préservation de la biodiversité et le soutien aux économies locales. Leur dégradation rapide, sous l’effet combiné de l’urbanisation, de la pollution et du changement climatique, constitue aujourd’hui un signal d’alerte mondial. 

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Au Gabon, pays traversé par un dense réseau hydrographique et bordé par l’un des plus vastes ensembles de mangroves d’Afrique centrale, cette réalité prend une résonance particulière. Si les zones humides restent au cœur du discours environnemental officiel, leur situation sur le terrain révèle des fragilités structurelles, parfois en décalage avec l’ambition affichée.

2025, une année charnière pour la reconnaissance politique des zones humides

La Journée mondiale des zones humides célébrée en 2025, sous le thème « Protéger les zones humides pour notre avenir commun », avait servi de cadre symbolique à une série d’initiatives engagées par les autorités gabonaises. Ce thème rappelait une évidence souvent négligée, celle de la survie de ces écosystèmes, conditionnant directement la sécurité hydrique, alimentaire et environnementale des sociétés humaines.

Dans ce contexte, le Gabon a franchi une étape importante avec la finalisation de sa Stratégie et Plan d’Action Nationale pour la Biodiversité (SPANB). Ce document de référence consacre explicitement les zones humides comme des écosystèmes prioritaires, au même titre que les forêts et les milieux marins. L’objectif affiché est l’intégration de la biodiversité au cœur des décisions politiques et économiques, tout en favorisant une gestion durable fondée sur la conservation, la restauration et l’utilisation raisonnée des ressources naturelles.

Cette stratégie s’inscrit dans un cadre juridique déjà structuré. Le Code de l’environnement, modernisé au cours de la dernière décennie, encadre la protection des écosystèmes aquatiques et côtiers, tandis que l’adhésion du Gabon à la Convention de Ramsar engage l’État à préserver les zones humides d’importance internationale. Sur le papier, les fondations existent mais leur mise en œuvre reste confrontée aux réalités d’un territoire soumis à de fortes pressions foncières, notamment en milieu urbain.

Données, financements et diplomatie verte : des outils encore en construction

Au-delà du cadre normatif, l’année 2025 a vu émerger des démarches visant à mieux documenter et piloter l’action publique. À travers l’initiative OneForestVision, une mission conduite entre février et mars avait exploré la faisabilité d’une infrastructure publique de partage de données scientifiques sur les forêts et les zones humides. Derrière cette approche technique, se jouait un enjeu stratégique, car sans données fiables, il est difficile d’anticiper les risques, d’évaluer les impacts des politiques publiques ou de mesurer l’état réel des écosystèmes.

Parallèlement, le gouvernement a amorcé durant l’année 2025, des mécanismes économiques innovants, notamment via un accord conclu avec la Central African Forest Initiative (CAFI) autour de projets pilotes de paiements pour services environnementaux. L’idée est de reconnaître, y compris financièrement, le rôle des acteurs locaux dans la préservation des écosystèmes, zones humides y compris. Une tentative de réconcilier conservation et développement, dans un pays où de nombreuses communautés dépendent directement de ces milieux pour leur subsistance.

Sur le plan régional, la diplomatie environnementale gabonaise s’est également illustrée par l’adoption, en conseil des ministres, d’un projet de loi autorisant la ratification de l’accord portant création du Centre international des mangroves, signé le 6 novembre 2024 à Shenzhen (Chine). Ce choix témoigne d’une volonté de renforcer la coopération régionale autour de la conservation des zones humides côtières, essentielles à la pêche, à la protection contre l’érosion et à l’équilibre écologique du littoral.

Une réalité de terrain plus contrastée

Malgré ces avancées, la situation des zones humides au Gabon demeure contrastée. À Libreville et dans plusieurs centres urbains, ces espaces sont souvent assimilés à des zones marginales, exposées aux remblais, à l’occupation anarchique et à la pollution. De 2002 à 2024, Estuaire par exemple a perdu 27 kha de forêts primaires humides, ce qui représente 43% de sa perte totale de la couverture arborée au cours de la même période. La superficie totale de forêts primaires humides en Estuaire a diminué de 2.0% au cours de cette période. Preuve, s’il en est besoin, que les campagnes de sensibilisation organisées et les descentes parfois des agents des ministères concernés peine encore à inverser des dynamiques profondément ancrées.

La place accordée aux communautés locales reste également ambivalente. Si les discours officiels reconnaissent leur rôle, leur implication réelle dans la gouvernance des zones humides demeure limitée. Or, ces populations détiennent des savoirs empiriques précieux sur les cycles de l’eau, la reproduction des espèces ou les usages durables des milieux aquatiques, souvent absents des dispositifs institutionnels.

2026 : le tournant des savoirs traditionnels

C’est précisément cette lacune que la Journée mondiale des zones humides qui est célébrée ce 02 février 2026 entend combler. Placée sous le thème « Zones humides et savoirs traditionnels : célébrer le patrimoine culturel », l’édition de cette année invite les États à repenser leur approche de la conservation. Il ne s’agit plus seulement de protéger des espaces naturels, mais de reconnaître les dimensions culturelles, sociales et historiques qui leur sont indissociables.

À l’échelle mondiale, le message est clair : les stratégies de protection les plus efficaces sont celles qui associent savoirs scientifiques et connaissances locales, politiques publiques et pratiques communautaires. Pour le Gabon, ce thème constitue une opportunité politique révélatrice. S’y arrimer implique de dépasser une approche essentiellement réglementaire pour institutionnaliser la participation des communautés riveraines, intégrer leurs pratiques dans les plans de gestion et adapter les instruments économiques à leurs réalités culturelles.

Un enjeu de cohérence et d’avenir

Le Gabon dispose d’atouts indéniables, notamment un cadre juridique robuste, une reconnaissance internationale, des partenariats stratégiques et un patrimoine naturel exceptionnel. Mais l’avenir de ses zones humides dépendra de sa capacité à faire converger ces outils avec les dynamiques locales. À l’heure où la communauté internationale appelle à célébrer les zones humides comme des patrimoines vivants, le défi n’est plus seulement de protéger, mais de réconcilier écologie, culture et gouvernance.

En ce sens, l’édition 2026 pourrait marquer un tournant : celui d’une politique environnementale gabonaise davantage ancrée dans les territoires, attentive aux savoirs locaux et capable de transformer les engagements internationaux en réalités tangibles.

Wilfried Mba N.

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