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Viande de brousse : ce que va apporter le nouveau Système de traçabilité

13 mars 2026
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Viande de brousse : ce que va apporter le nouveau Système de traçabilité
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Au Gabon, les autorités de la conservation veulent encadrer la consommation de la viande de brousse qui constitue une menace pour la pérennité de certaines espèces sauvages. Pour aboutir à leur projet, les autorités via le ministre des Eaux et Forêts viennent de procéder au lancement du système national de traçabilité de la viande de brousse. Ce système sera déployé dans un premier temps  dans le département de Mulundu.

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Après le bois, le Gabon veut tracer le cheminement de la viande de brousse. Portée par la Direction générale de la faune et des aires protégées (DGFAP), avec l’appui du Programme de Gestion durable de la faune sauvage (SWM Programme), grâce au financement de l’Union européenne (UE), un projet pilote de traçabilité de la viande de brousse a été récemment lancé par le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo.

Ce dispositif, qui repose sur un système numérique de traçabilité, permettra en effet de suivre le parcours des produits tout au long de la chaîne de valeur, du lieu de prélèvement à l’assiette du consommateur. De façon concrète, cela signifie que si un porc-épic est chassé à Moulengui-Bindza puis commercialisé à Libreville, le consommateur final, grâce à un QR Code, aura la possibilité de savoir le lieu de chasse de ce gibier, le chasseur et autres informations nécessaires. Ce dispositif permettra en plus de promouvoir une commercialisation responsable, légale et durable, de circonscrire la responsabilité dans les cas de trafic des produits de la faune.

La viande de brousse est en effet un produit consommé par les ménages au Gabon, notamment dans les communautés reculées où il constitue une source de subsistance sociale et économique. Cette ressource faunique fournit 82% des protéines animales en milieu rural, avec une consommation moyenne de 113 kg par adulte et par an, et représente environ 70% des revenus des ménages ruraux, soit environ 300 à 1 000 USD par an, pour une valeur nationale estimée à 25 millions USD par an.

Problème : alors que le décret n°679/PR/MEFE de 1994 fixe les périodes de chasse, et les décrets de 2004 et 2011 réglementent les droits d’usage coutumiers et le classement des espèces, force est de constater que de plus en plus, les espèces de faune sauvage font l’objet d’un trafic parfois incontrôlé. En août 2026 au parc national de Pongara, l’interpellation des trafiquants de faune avec en leur possession dix-sept (17) porc-épic, quatre (4) céphalophes à ventre blanc, et huit (8) crocodiles nains a mis à jour la pression exercée sur la faune sauvage. Dans cette saisie, nombreuses étaient les espèces animales protégées. Et, ce cas n’est pas isolé.

Si depuis la loi n° 007/2014 du 1er août 2014 encadre de manière générale la protection de l’environnement, depuis quelques années également, le gouvernement via le ministère des Eaux et Forêts cherche à encadrer la chasse, la consommation et la commercialisation de cette ressource en créant des points de vente communautaire et agréés pour formaliser la filière, la rendre durable et lutter contre le braconnage.

La structuration de cette filière est donc un enjeu à la fois de gouvernance publique, de résilience face à des comportements évolutifs vis-à-vis de la part des chasseurs et enfin, de durabilité. Avec cette avancée, le Gabon franchit ainsi une étape importante dans sa gouvernance forestière.

Séraphin Lame

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