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La filière Andok : une économie à 1,64 milliards de francs CFA de chiffre d’affaier par an au Gabon

29 avril 2026
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La filière Andok : une économie à 1,64 milliards de francs CFA de chiffre d’affaier par an au Gabon
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Une étude intitulée « Analyse de la chaîne de valeur de la mangue sauvage (Andok, Irvingia gabonensis ) au Gabon » publiée par Guillaume Lescuyer et Hervé Charle Ndume Engone documente le comportement de la filière Andok dont le manque de données n’a jamais réellement permis d’analyse la contribution de cette activité à l’économie nationale au Gabon. Or, financièrement, la filière andok au Gabon génère une valeur ajoutée nette directe de près de 974 millions de francs CFA par an, pour un chiffre d’affaires global, combinant les ventes d’amandes et de pâtes, d’environ 1,64 milliard de francs CFA.

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Produit forestier non ligneux (PFNL), l’Andok, de son appellation scientifique Irvingia gabonensis, est un produit de consommation courante très apprécié pour son goût unique et sa facilité de conservation au Gabon. Selon le constat des deux auteurs, ce produit est présent sur les marchés nationaux presque toute l’année à des prix accessibles. « L’Andok repose sur une ressource naturelle abondante garantissant ainsi sa disponibilité dans les terroirs villageois », notent Guillaume Lescuyer et Hervé Charle Ndume Engone.

Selon les deux auteurs, cette filière se distingue par son caractère inclusif et constitue un possible levier de lutte contre la pauvreté en zone rurale, grâce à la génération de revenus saisonniers rapides mais modestes. En effet, au Gabon, la filière andok génère une valeur ajoutée nette directe de près de 974 millions de francs CFA par an, pour un chiffre d’affaires global, combinant les ventes d’amandes et de pâtes, d’environ 1,64 milliard de francs CFA.

La filière contribue à 0,01% du PIB hors pétrole et 0,13% du PIB agricole, sans aucun soutien public toutefois. En termes d’emplois, elle génère l’équivalent de 950 emplois domestiques informels pour près de 69 millions de francs CFA de recettes fiscales annuelles, principalement via la fiscalité indirecte. Les détaillants contribuant à 51%, les commerçants à 33% et les producteurs à 16% à ces recettes fiscales. Le secteur ne reçoit aucune subvention, ce qui signifie que l’État bénéficie d’une fiscalité nette positive. Ce poids économique reste très largement en dessous des attentes de développement du secteur.

En matière d’exportation, la production locale demeure largement domestique, alors que parallèlement, 40 tonnes d’amandes sont importées du Cameroun tous les ans. De plus, renchérissent les auteurs de l’étude, les équipements et les outils nécessaires pour la production et la commercialisation sont également tous importés. Au total, la balance commerciale de la filière andok s’établit donc à – 203 millions francs CFA. « Ce déficit commercial traduit la forte dépendance de la filière aux consommations intermédiaires et aux volumes d’andok importées », expliquent les auteurs.

En dépit de ce tableau, constate l’étude, la filière reste entravée par une organisation atomisée où les acteurs opèrent individuellement, sans structures collectives pour mutualiser les coûts ou stabiliser les prix.

« L’efficacité du secteur est également réduite par l’enclavement des zones de production dû au mauvais état des routes et au caractère rudimentaire des transports fluviaux. De plus, l’absence de maîtrise des techniques de domestication rend les rendements dépendants des aléas climatiques, limitant ainsi toute planification sérieuse ».

Pour surmonter ces obstacles et dynamiser la filière, les auteurs proposent de « laisser la filière fonctionner dans sa dynamique actuelle » ou de procéder à la « création d’une certification pour valoriser le produit sur les marchés régionaux et internationaux ». Ces deux perspectives de développement de la filière comportent chacune, ses forces et ses faiblesses, et devraient s’adapter en fonction de la ligne tracée par les plus hautes autorités.

Par exemple, s’agissant de la seconde possibilité, si selon les auteurs, elle permet de renforcer la « transition verte » du Gabon et de substituer les importations, elle pourrait selon les auteurs, se heurter à des défis de taille : coûts de certification élevés, le besoin d’un cadre institutionnel solide et le risque d’exclusion des petits producteurs face à la complexité des normes. Cette possibilité ne pourrait cependant se faire sans une durabilisation de la filière, quand on sait que les changements climatiques impactent sur la fructification des arbres notamment au Gabon.

Michael Moukouangui Moukala

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