En marge du Forum politique de haut niveau (FPHN) pour le développement durable des Nations Unies, le siège de la mission permanente de l’Union Africaine à New-York a accueilli le lancement du rapport OCDE-OIF/IFDD sur « l’Accès au financement pour le climat et la biodiversité : des engagements mondiaux à l’action nationale ». A cette occasion, Louise Pierrette Mvono, ministre gabonaise en charge de la Planification et de la Prospective, a défendu les intérêts de son pays.
L’édition 2026 du forum se déroule du 7 au 15 juillet au siège des Nations Unies. Les participants examinent les mesures transformatrices, équitables et coordonnées nécessaires pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030. L’accent est particulièrement mis sur l’eau propre, l’énergie propre, l’innovation, les villes durables et les partenariats mondiaux.
Prenant la parole au siège de la mission permanente de l’Union africaine (UA), Louise Pierrette Mvono, a porté la voix du Gabon, pays du bassin du Congo et réservoir incontestable de biodiversité au monde. La Ministre a plaidé pour une réforme en profondeur des mécanismes de financement. Son propos n’est pas anodin, quand on sait que la question du financement de la politique climatique mondiale fait l’objet de crispation.
En effet, en dépit de son rôle stratégique dans la résilience climatique, le bassin du Congo ne capte que 11,5% des flux financiers internationaux (période de 2008 et 2017) pour soutenir ses politiques de protection et gestion durable des forêts tropicales. Pire, selon une étude, le bassin du Congo reste de loin, la région forestière la mieux nantis comparativement à l’Asie du Sud-Est (55%) et la région amazonienne (34%).
Dans ce sillage, le Gabon n’est pas pour autant mieux nanti. Ce qu’a dénoncé Louise Pierrette Mvono. « Grâce à la préservation de notre couvert forestier et à nos politiques de transition verte, nous continuons d’être un poumon écologique pour la planète », a-t-elle déclaré, ajoutant que « nous (le Gabon) portons une part substantielle de l’effort de conservation mondial, une contribution qui appelle aujourd’hui une réponse financière internationale plus prévisible, équitable et proportionnée. »
A ce portrait, s’ajoute le taux de couverture forestière du pays (88%), son statut de puits de carbone net historique et sa position en tant que nation HFLD, à fort couvert forestier et faible déforestation. La politique de préservation de la nature du Gabon s’inscrit dans un continuum d’action qui fonde aujourd’hui sa position en tant que leader sur les questions de biodiversité et de climat. Louise Pierrette Mvono a tenu à montrer que le Gabon « n’attend pas ». Ce mercredi 15 juillet 2026 au siège des Nations Unis, la Ministre présentera, le deuxième Examen National Volontaire (ENV) sur la mise en œuvre du pays, des Objectifs de Développement Durable (ODD). Porté par le ministère de la Planification et de la Prospective dont elle à la charge, ce rapport détaille la Vision Gabon-50, le Plan National de Croissance et de Développement (PNCD 2026-2030) et met en lumière les progrès et les défis du pays dans plusieurs secteurs clés.
Sur le plan institutionnel : le Plan National de Croissance et de Développement 2026-2030 intègre déjà les instruments financiers innovants comme les obligations vertes et bleues et les crédits carbone. La Caisse des Dépôts et Consignations du Gabon (CDC), désormais accréditée par le Fonds Vert pour le Climat, illustre selon elle « l’efficacité des ancrages nationaux directs ».
Sur le plan opérationnel : le pays renforce durablement ses capacités locales en formant des experts au montage de projets bancables.
Sur le plan de l’innovation : Louise Pierrette Mvono a cité le partenariat de 60 millions de dollars conclu à la COP16 de Cali. Ce « Country Package » associe la France, le FEM, le PNUD et TNC, et vise à éviter la dispersion des efforts en intégrant climat, biodiversité et développement.
Pour transformer ses engagements en actions, trois orientations ont été proposées au débat, afin, selon la Ministre, de passer des promesses aux impacts réels. Entre autres : (1)la valorisation des accréditations nationales directes pour soutenir des entités comme la CDC gabonaise afin de réduire la dépendance aux intermédiaires internationaux, (2)la pérennisation du renforcement des capacités en privilégiant des programmes de formation de long terme, directement adossés à des portefeuilles de projets nationaux et (3)la monétisation équitablement du capital naturel, afin d’accélérer la mise en place de mécanismes robustes de paiement pour services écosystémiques et de marchés de carbone intègres, pour reconnaître la valeur systémique des forêts tropicales.
Par la voix du Ministre, le Gabon a réaffirmé « sa pleine disponibilité à enrichir ce dialogue constructif entre bailleurs, fonds et pays bénéficiaires ».
Le rapport OCDE-OIF/IFDD, présenté lors de cet événement parallèle au HLPF, entend justement outiller les pays pour transformer les engagements climatiques et biodiversité en financements concrets sur le terrain.
Séraphin Lame avec MTM (Gabonews)






