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Kouvènanfidé : l’ACJC et FishNet Alliance apportent leur soutien aux communautés

8 août 2026
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Kouvènanfidé : l’ACJC et FishNet Alliance apportent leur soutien aux communautés
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Présents à Cotonou, au Bénin, dans le cadre de la 17e édition du Forum social mondial (FSM), les membres du Collectif africain pour la justice climatique (ACJC) et ceux du réseau africain des pêcheurs artisanaux engagés pour la protection de l’environnement aquatique et la promotion d’une pêche durable (FishNet Alliance) ont apporté, hier, vendredi 7 août 2026, à Ouidah, leur soutien à la communauté du village de Kouvènanfidé, impactée par le projet d’aménagement de la côte de Ouidah, dans le cadre du développement touristique.

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En empruntant la route qui mène vers la Porte du Non-Retour à Ouidah, au Bénin, impossible de ne pas tomber, d’un côté, sur les gravats et les tombes encore présentes au bord de la mer et, de l’autre, sur le contraste saisissant entre le développement des projets à caractère touristique le long de la côte et les conditions de vie exécrables des communautés, notamment celle de Kouvènanfidé, où notre rédaction est allée à la rencontre des populations. Une image insoutenable pour les membres du Collectif africain pour la justice climatique (ACJC) et ceux du réseau africain des pêcheurs artisanaux engagés pour la protection de l’environnement aquatique et la promotion d’une pêche durable (FishNet Alliance), avec qui nous avons fait le déplacement.

Pour ces deux ONG, cela saute aux yeux : le développement des projets à caractère touristique a été privilégié au détriment du bien-être des communautés. Le long de la route, du côté droit et face à la mer, les empreintes du déguerpissement sont encore bien visibles. Délogées du côté de la plage pour être relogées de l’autre côté, loin de leur zone de confort historique, les communautés se sentent à la fois flouées et désorientées. Fait assez désolant, ces populations expulsées ont été relogées à plusieurs dans des logements sociaux « moins confortables » proposés par le Gouvernement en guise de compensation.

« Le déguerpissement sans préavis des pêcheurs a causé de nombreux dommages. Cette opération est intervenue au moment de la saison des pluies, ce qui nous a contraints à dormir à la belle étoile, parfois sous la pluie. Deuxièmement, on nous a donné des parcelles qui ne nous conviennent pas et dans lesquelles nous nous sommes entassés », a expliqué Luc D.

Des modes de vie bouleversés au fil du développement

Les conséquences de ce déguerpissement ne sont pas que matérielles. La communauté de Kouvènanfidé pratique depuis des générations la pêche artisanale. C’est leur principale source de revenus et le fondement de leur lien avec leur zone géographique, située dans la commune de Ouidah. Malheureusement, cette sommation de déguerpissement s’est accompagnée d’une interruption brutale de l’activité de pêche. Ce qui occasionne de graves dommages, tant sur le plan économique que social.

« L’arrêt de la pêche nous préoccupe beaucoup. Cela menace notre vie et compromet nos moyens de subsistance », a fait savoir Luc D. Selon l’octogénaire, l’interruption de cette activité entraîne des problèmes alimentaires et favorise le vol. Beaucoup de pêcheurs n’arrivent plus à se prendre en charge sur le plan de la santé ni à envoyer leurs enfants à l’école à cause de cette décision.

« Actuellement, pour vivre, nous empruntons de l’argent », explique-t-il, lançant un appel au Gouvernement pour revoir cette situation, laquelle est exacerbée par le fait que, de tout temps, l’agriculture a toujours été une activité secondaire pour la communauté de Kouvènanfidé. Elle est pratiquée pour les besoins de la cuisine et non dans un but purement marchand. Ce qui complique encore plus l’équation, même si certains tentent tant bien que mal de s’adapter à leur nouvelle réalité. Les difficultés économiques mentionnées par Luc D. trouvent leur origine sur ce point spécifique, même si la communauté fait preuve de beaucoup de résilience.

ACJC et FishNet Alliance en première ligne

Informés de la situation de ces communautés, l’ACJC et FishNet Alliance n’ont pas manqué de se mobiliser pour leur apporter leur soutien. En marge du Forum social mondial, loin des regards et du protocole dédié à l’évènement, les deux ONG sont allées s’imprégner de la réalité de ce problème.

« Nous sommes ici dans le cadre du Forum social mondial qui se déroule présentement au Bénin. Nous en avons profité pour rendre visite aux communautés de pêcheurs qui sont affectées par les grands projets et qui, face aussi à l’érosion côtière, ont perdu leurs moyens de subsistance. (…) Nous nous engageons aux côtés des communautés pour résister face à l’expansion des projets qui ont menacé leurs moyens de subsistance et qui ont même créé des déplacements involontaires », a déclaré Aby Dia Diop, de l’ONG Syn Dev, membre de l’ACJC.

L’écho de l’ACJC est aussi celui de FishNet Alliance qui, selon Stanley Egholo, coordonnateur de l’ONG, s’engage à accompagner les communautés dans leur combat. Cet accompagnement va se manifester par la sensibilisation et le renforcement des capacités afin d’aider les communautés à faire face à cette situation.

« Nous allons, à partir d’aujourd’hui, amplifier les voix et la lutte contre l’injustice du Gouvernement contre la communauté de Kouvènanfidé », a-t-il conclu, proposant la solidarité comme la voie ultime de sortie de cette crise sociale.

La « collaboration », planche de salut

La démarche entreprise par l’ACJC et FishNet Alliance a été saluée par Elisée Koudoda, chef d’arrondissement de Djégbadji. S’il reconnaît les difficultés qui accablent la vie des communautés impactées par les projets d’aménagement, ce dernier partage l’idée selon laquelle seule la « collaboration » peut permettre de résoudre cette situation.

« Je salue vraiment cette initiative et je tiens à féliciter les ONG qui sont nos partenaires pour cette démarche. Il est vrai que les travaux d’aménagement ont entraîné beaucoup d’impacts pour les communautés, mais la collaboration avec les ONG est très nécessaire, parce que l’État ne peut pas tout faire à la fois. Déjà que c’est compliqué. Avec ces partenaires, nous pouvons bouger beaucoup de lignes et faire quelque chose », a-t-il fait savoir.

Cette posture, que l’on pourrait qualifier de responsable de la part de l’autorité locale, offre une planche de salut dans la quête de solutions face aux difficultés des communautés. Ce qui devrait, en soi, faciliter le travail des différents acteurs dans un but d’apaiser les tensions.

Michaël Moukouangui Moukala 

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