La Conférence parlementaire sur la science, la gouvernance environnementale et la finance climatique en Afrique Centrale s’est ouverte hier, mardi 22 septembre 2026 à l’Assemblée Nationale du Cameroun à Yaoundé. Organisé par le Réseau des Parlementaires pour la Gestion Durable des Écosystèmes Forestiers d’Afrique Centrale (REPAR) avec l’appui de l’Observatoire des Forêts d’Afrique Centrale (OFAC), de la COMIFAC, de Landscape Alliance (CIFOR-ICRAF) et le soutien financier de l’Union européenne à travers le projet OFAC-CE, cet événement majeur rassemble des parlementaires de toute la sous-région, des ministres, des banques de développement, des scientifiques et des partenaires techniques et financiers.
Le bassin du Congo constitue l’un des plus importants massifs forestiers tropicaux au monde, séquestrant environ 40 gigatonnes de carbone (soit près de 10 % du carbone forestier mondial) et assurant la régulation du climat global. Malgré cette contribution planétaire, la sous-région fait face à un paradoxe majeur : elle demeure insuffisamment soutenue par les mécanismes internationaux de finance climatique en raison de contraintes institutionnelles, législatives et d’un déficit d’ingénierie financière environnementale. De plus, la taxe environnementale de la CEEAC reste non opérationnelle et la part consacrée à l’environnement dans les budgets nationaux demeure résiduelle.
Une passerelle stratégique entre la science et la décision politique
Pour lever ces freins, la conférence vise à faire des données scientifiques de l’OFAC et des analyses de la recherche un véritable instrument d’action législative, de budgétisation environnementale et de contrôle de l’action publique.
Lors de la session d’ouverture, le représentant de la COMIFAC a souligné : « Ces orientations consacrent l’OFAC comme un centre d’excellence et une référence mondiale pour la gouvernance des données scientifiques sur les forêts et l’écosystème d’Afrique Centrale. Le défi est désormais de renforcer le dialogue entre la science et la politique afin que les données répondent aux priorités de la sous-région et se traduisent en décisions, en lois, en budgets et en actions concrètes. »
Il a rappelé l’impératif pour les élus d’exercer pleinement leurs leviers constitutionnels : « par le vote des lois et des budgets, par le contrôle de l’action publique et par la diplomatie parlementaire, vous pouvez contribuer à traduire les engagements régionaux en réalisations tangibles. »
Cadrage budgétaire, cadre législatif et Appel de Belém
Représentant l’Honorable Président de l’Assemblée Nationale du Cameroun, l’Honorable Hilarion Etong, Vice-Président de la Chambre, a insisté sur l’urgence d’une réponse structurelle : « la finance climatique constitue à cet égard un enjeu majeur pour nos États. Il nous faut donc renforcer nos capacités nationales, améliorer la préparation des projets crédibles et bancables, mieux valoriser les données dont nous disposons et consolider la coopération entre les institutions. »

« La préservation du Bassin du Congo appelle une responsabilité partagée et une coopération renforcée entre nos pays et la communauté internationale. Vive le Bassin du Congo, patrimoine naturel partagé et bien commun de l’humanité ! »
Engagement vers des réformes tangibles et livrables attendus
Au terme des trois jours de travaux articulés autour des lois climat-carbone, des marchés carbone, de la justice climatique et de l’harmonisation législative sous-régionale, les participants adopteront :
- Une Feuille de Route Parlementaire Régionale pour intégrer systématiquement les preuves scientifiques dans les processus législatifs et budgétaires.
- Une Déclaration finale du REPAR sur le suivi des engagements financiers internationaux, notamment liés à l’Appel de Belém pour les forêts du Bassin du Congo.
- Une orientation vers des directives sous-régionales encadrant le marché du carbone et le climat.
La conférence marque également le vernissage officiel du rapport sur l’État des Forêts d’Afrique Centrale (EDF 2025) et l’annonce du lancement de l’édition classique EDF 2026.
Créé en 2009, le REPAR constitue la plateforme réseau des parlementaires dédiée à la gouvernance forestière et environnementale. A travers cette conférence, l’organisation entend embarquer les législateurs de la sous-région dans une démarche basée sur la science afin de doter le bassin du Congo des outils capable de gérer durablement ses ressources naturelles et attirer des financement accrus en faveur de la biodiversité et des communautés qui en dépendent.
La Rédaction






