Le Gabon envisage de taxer le gaz naturel torché ou rejeté lors des activités d’extraction pétrolière. Annoncée lors du Conseil des ministres du 8 octobre 2026, la mesure vise à réduire les impacts environnementaux et inciter les opérateurs à valoriser une ressource encore largement gaspillée. Son efficacité dépendra toutefois de ses modalités d’application.
La future taxe concernera les opérations d’exploration, de développement, de production et de traitement des hydrocarbures. Le gouvernement n’a précisé ni son montant, ni sa date d’entrée en vigueur, ni les modalités de mise en œuvre et de contrôle. Autant d’éléments déterminants pour mesurer la portée réelle de cette fiscalité environnementale.
Et pourtant, au Gabon, le torchage n’est pas un terrain vierge de réglementation. Le Code des hydrocarbures de 2019 en interdit le principe, sous réserve d’autorisations encadrées, et prévoit des obligations de mesure et de réduction des volumes brûlés.
Mais bien avant cette réglementation, en 2015, un plan national de réduction du torchage et de valorisation du gaz associé a été élaboré avec la Banque mondiale. Il a été financé à hauteur de 372 millions de dollars pour la réduction des gaz torchés à l’initiative (GGFR – « Global Gas Flaring Reduction »). Plus globalement, le Gabon s’est aligné sur les engagements internationaux en matière de torchage tel que l’initiative Zero Routine Flaring 2030. Mais au regard du manque d’alignement des compagnies pétrolières nationales, il n’est pas certain que les objectifs définis soient atteints en 2030. La nouvelle taxe devra donc démontrer ce qu’elle apporte à un dispositif déjà existant.
Brûler du gaz, c’est perdre une ressource énergétique et rejeter des polluants dans l’atmosphère. Selon la Banque mondiale, le Gabon a torché environ 1,4 milliard de mètres cubes de gaz en 2022. Ce chiffre, ancien, donne néanmoins la mesure du problème. Reste à savoir si le futur prélèvement rendra la récupération du gaz plus avantageuse ou s’il deviendra simplement un coût supplémentaire pour les opérateurs.
Au-delà des recettes fiscales attendues, le véritable indicateur sera la baisse effective des volumes torchés. Car après tout, une taxe environnementale ne se mesure pas seulement à ce qu’elle rapporte à l’État, mais aussi à ce qu’elle permet d’éviter à l’environnement.
Wilfried Mba N






