Si les années ne se ressemblent pas, pour les COPs, elles sont quasiment toutes pareilles, teintées de réticences, de blocages et d’échecs interminables sur la question du climat. C’est le cas de le dire alors qu’après deux semaines d’échanges jugés par certains comme étant « chaotiques », le sommet de Belém, tenu en Amazonie au Brésil sur le climat, débouche sur une fin amère, ponctuée par la difficulté des pays à obtenir un engagement fort sur la sortie des énergies fossiles.
Prolongation des discussions à Belém : c’est le terme qui fait la une des médias à travers le monde. En effet, dans une lutte nocturne acharnée, les négociations de la COP30 au Brésil se sont prolongées ce samedi pour finaliser un accord a minima, après deux semaines de sommet jugées par de nombreux observateurs comme étant « chaotiques ». Certains parlent même d’un échec au vu de la réticence des pays à se prononcer sur un engagement majeur pour accélérer la sortie des énergies fossiles.
Or, l’enjeu du sommet était de sceller un accord pour rattraper le retard pris par l’humanité dans sa lutte contre la pollution carbone, soutenir l’adaptation des pays en développement aux changements climatiques et démontrer la viabilité du multilatéralisme dans un monde en proie à des tensions multiformes.
Hier encore, vendredi 21 novembre 2025, jour de clôture des discussions du sommet, l’absence de création d’une « feuille de route » sur la sortie du pétrole, du charbon et du gaz, réclamée par une frange de pays, et l’absence de l’expression « fossiles », expressément retirée de l’accord final par la présidence brésilienne, ont fait éterniser les débats. Pour André Corrêa do Lago, le président de la COP30, cité par l’AFP, « ceux qui doutent que la coopération soit la meilleure chose à faire pour le climat seront absolument ravis de voir qu’on n’arrive pas à nous mettre d’accord ».
Selon Le Monde, l’idée d’une « feuille de route » pour accélérer la sortie du pétrole, du charbon et du gaz, largement responsables du réchauffement climatique, est née de la frustration face au manque de concrétisation de l’engagement à leur abandon progressif, pris à la COP28 il y a deux ans.
Par ailleurs, s’agissant du financement de l’adaptation des pays en développement au changement climatique, si le projet d’accord nécessite des « efforts » pour tripler ce financement, les pays riches, comme toujours, sont réticents à agir après les engagements pris lors de la COP29 pour dix ans.
Ces positions partagées interviennent dans un contexte de constat, par l’ONU, de l’échec de l’Accord de Paris sur le climat à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Cet échec est attribué à plusieurs facteurs, notamment le non-respect des engagements internationaux, des obstacles politiques et financiers, l’absence de mesures contraignantes et la non-conformité des États à leurs promesses. En effet, les objectifs initiaux de l’accord prévoyaient une réduction de 43 % des gaz à effet de serre d’ici 2030. Cela est loin d’être atteint, alors que le rendez-vous de Belém a manqué d’inverser cette trajectoire.
Le désengagement des États et les critiques diverses à l’égard de l’organisation des COPs montrent à quel point ce rendez-vous mondial du climat peine à fédérer. Cela s’explique peut-être par l’alignement des effets où, chaque année, à coût de millions de dollars et de pollution, les États se réunissent dans un pays X sans jamais parvenir à des accords convaincants. Belém n’était pas une exception, puisque, en matière de discussions sur le climat, les mêmes causes produisent les mêmes effets.
Michael Moukouangui Moukala






