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Maladies tropicales négligées : eau potable, hygiène et assainissement, facteurs essentiels de prévention

1 février 2026
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Maladies tropicales négligées : eau potable, hygiène et assainissement, facteurs essentiels de prévention
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Si le Centre de dépistage du traitement de la lèpre et de l’ulcère de buruli de (CDTLUB) de Pobê, dans le département du Plateau, au Bénin, est reconnu comme un « centre de référence » dans la prise en charge des Maladies Tropicales Négligées (MTNs), l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement constituent des facteurs essentiels à la lutte contre la prolifération des MTNs.

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Si l’eau c’est la vie, c’est aussi la santé. L’expérience du Centre de dépistage du traitement de la lèpre et de l’ulcère de buruli de Pobê, dans le département du Plateau, au Bénin, racontée par les Docteurs Delphin Degla et Oswald Attolou, respectivement, Coordonnateur du programme national de lutte contre la lèpre et l’ulcère de buruli et directeur du centre de Pobê, montre à quel point l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement du milieu de vie constituent des prémices à la lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN) qui touchent des milliers de personnes dans les pays africains.

Si ces responsables se targuent par ailleurs des progrès réalisés au Bénin dans la lutte contre la lèpre et l’ulcère de buruli notamment, des défis restent à surmonter. « La lutte a porté ses fruits, mais malheureusement des défis existent… », reconnaît le Coordinateur national. Ces défis sont essentiellement liés aux changements climatiques, à l’amélioration du cadre de vie des populations,  à une bonne hygiène de vie et à la vie des patients après l’hospitalisation et la guérison. « Les Maladies Tropicales Négligées (MTNs) de façon générale sont des maladies liées à l’environnement. Si vous avez une bonne hygiène cutanée, vous avez peu de chance d’avoir ces maladies ». En effet, ajoute le Docteurs Delphin Degla, « si vous avez des écorchures et que vous les prenez en charge comme cela se doit, cela ne risque pas d’évoluer vers des complications ».

L’un des facteurs aggravant de ces maladies sont les changements climatiques qui accentuent la problématique de l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement.  Ce qui constitue un défi, quand on sait qu’en Afrique, les difficultés liées à l’accès à l’eau potable touchent près de 40% de la population totale, et jusqu’à 60% en Afrique subsaharienne. Or, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le manque d’accès à une eau potable et aux services d’hygiène et d’assainissement de base constitue les causes de précipitation des MTNs.

« Aujourd’hui, il y a des localités qui ne connaissaient pas les inondations mais qui sont désormais confrontées à cette catastrophe naturelle. La quantité d’eau qui tombe à des moments données, n’est pas celle que l’on attendait. (…) Conséquence, les marres qui s’accumulent, favorisant l’éclosion de ces maladies », soutient le Docteur Delphin Degla.

Pour juguler cette insuffisance et lutter efficacement contre la prolifération des vecteurs, le CDTLUB, sous le soutien de la Fondation Raoul Follereau, la Coordination nationale déploie jusqu’à 256 relais communautaires dont le rôle est de sensibiliser les populations sur l’auto-soin, capacité ces populations sur la fabrication du savon pour faciliter leur réinsertion et identifier les zones confrontées par le problème d’accès à l’eau potable. « Il y a des localités qui ont été identifiées pour mettre en place des points d’eau », explique le Coordonnateur national.

Ce travail de terrain permet de limiter la prolifération de ces maladies. Cette démarche, adossée aux efforts sanitaires réalisés par le centre sous la bénédiction de la Fondation Raoul Follereau, porte des fruits conséquents. Par exemple, « en matière de lutte contre la lèpre et l’ulcère de buruli », le Bénin figure parmi les pays à avoir réalisé des progrès.

Et pour cause : De 300 nouveaux cas environ pour la lèpre il y a 20 ans, nous sommes passés à environ 170 cas il y a dix ans. En 2025, nous sommes passés à 85 nouveaux cas. Pour l’ulcère de buruli, de 300 nouveaux cas, en 2025, nous nous sommes retrouvés à 135 nouveaux cas. Il faut reconnaître qu’en 2024, nous étions à moins de 100 nouveaux cas. Ces progrès qui permettent d’apprécier le parcours du Bénin sur ces deux MTNs interpellent la diligence des autres pays pour accentuer la lutte et atteindre des progrès tangibles similaires.

L’expérience vécue vendredi 30 janvier 2026, à l’occasion de la journée mondiale des MTN par les Journalistes membres du Réseau des Médias pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN), grâce à l’immersion au CDTLUB de Pobê, au Bénin, montre qu’avec la détermination et l’abnégation, il est possible de mener le combat pour la lutte contre les MTNs. Mais un adversaire silencieux reste à vaincre cependant, c’est l’accès au financement qui constitue un frein à la bonne volonté des autorités.

Michael Moukouangui Moukala

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