Libreville, la capitale gabonaise accueille du 25 au 26 novembre 2025, le colloque scientifique international sur le programme RESSAC. Organisé par le ministère de l’Enseignement supérieur et scientifique du Gabon en partenariat avec plusieurs acteurs sous régionaux, dont le Réseau des Instituts d’Enseignement Supérieur et des Établissements de Recherche en Afrique Centrale (REESIRAC), la rencontre permettra de partager les résultats scientifiques et les innovations du programme, des initiatives régionales et de tirer les leçons des bonnes pratiques, renforcer les centres d’excellence scientifique, et améliorer l’impact de la recherche sur les politiques publiques et les pratiques de gestion durable des forêts en Afrique centrale.
Au total, 23 thématiques interdisciplinaires seront abordées par le symposium notamment l’écologie, les sciences sociales et l’économie forestière, et leurs liens avec les priorités d’analyse et les indicateurs élaborés dans le cadre de l’OFAC. D’après une note du CIFOR-ICRAF qui porte le programme RESSAC, « cette convergence entre la RESSAC et l’OFAC-CE contribuera à mieux harmoniser les données, à renforcer les connaissances locales et à renforcer la position de l’Afrique dans le dialogue scientifique international sur la durabilité des forêts tropicales ».
Le renforcement de la position de la sous-région dans les débats et échanges scientifiques au niveau international est important, en ce sens qu’il permettra de relever la valeur ajoutée scientifique de la sous-région et faciliter l’accès de la recherche aux capitaux-verts. Notons, pour le comprendre, que l’Afrique Centrale ne capte que 16% des financements mondiaux dédiés à la recherche en écologie et la lutte contre les changements climatiques, contre plus de 80% pour les deux autres bassins forestiers. Financièrement, cela représente à peine 20 milliards de dollars captés par la sous-région sur la période allant par exemple de 2018 à 2022. Pour le Docteur Richard Sufo Kankeu, interrogé par notre rédaction sur le sujet, les difficultés d’accès aux financements verts seraient en partie liées à la faiblesse de mise en place des projets (« scientifiques ») au sein de la sous-région.
La rencontre scientifique de Libreville revêt donc un triple intérêt. Certes, il s’agira selon l’affiche du colloque, réunir des chercheurs, des praticiens et des décideurs pour partager les résultats scientifiques et les innovations du programme de la RESSAC et des initiatives régionales, en particulier celles de l’OFAC-CE et, pour les responsables institutionnels, les partenaires techniques et chercheurs, de tirer les leçons des bonnes pratiques, de renforcer les centres d’excellence scientifique, et d’améliorer l’impact de la recherche sur les politiques publiques et les pratiques de gestion durable des forêts en Afrique centrale. Mais surtout, de redorer l’image et le positionnement de la sous-région lorsque l’on parle de recherche scientifique.
Ainsi, le colloque (i) permettra de partager les principaux résultats du programme RESSAC et les travaux de l’OFAC-CE, en mettant l’accent sur leurs implications politiques et opérationnelles pour améliorer la gestion des ressources forestières et le bien-être des peuples autochtones et des communautés locales (CIP) en Afrique centrale. (ii)Renforcera les synergies entre les équipes de chercheurs et institutions en intégrant les outils, les données et les mécanismes de l’OFAC dans la planification et le suivi de la recherche appliquée. (iii)Produira un document sommaire et une déclaration conjointe RESSAC-OFAC-REESIRAC pour alimenter le forum science-politique, en vue d’institutionnaliser des modèles de partenariats de recherche innovants pour la durabilité des forêts en Afrique centrale. Enfin, (iiii)Formulera des recommandations pour mieux inclure les résultats scientifiques dans les politiques régionales, les cadres législatifs et les instruments, avec la pleine reconnaissance des droits, des connaissances et des pratiques du CIPV.
L’enjeu de la rencontre : promouvoir l’utilisation de connaissances issues du déploiement des scientifiques de la sous-région dans les méthodes de fonctionnement des parties prenantes publiques et privées, ainsi que dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi des politiques publiques et des programmes d’aide au développement durable en Afrique centrale.
Le Centre de recherche forestière internationale et d’agroforesterie mondiale (CIFOR-ICRAF) qui porte la rencontre, est une institution de recherche mondiale. Grâce à son réseau de partenaires, il développe des solutions pratiques, liées au contexte et scientifiquement qui donnent des informations et contribuent à transformer les moyens de gérer les forêts, les arbres et les terres afin qu’ils puissent fournir durablement les biens et services essentiels à l’humanité tout en abordant les grands défis mondiaux liés au climat, à la biodiversité et au développement durable.
Depuis 2022, le CIFOR-ICRAF met en œuvre le programme RESSAC sur la recherche appliquée en écologie et en sciences sociales en faveur de la gestion durable des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale. RESSAC est financé par l’Union européenne sur une période de quatre ans (2022-2025) dans le but d’amplifier l’impact de la recherche sur la gestion durable des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale.
Michael Moukouangui Moukala






