Le Rapport national sur le climat et le développement du Gabon (CCDR), publié par la Banque mondiale, alerte sur un enjeu crucial d’adaptation pour l’avenir du pays : sans une transformation profonde des pratiques agricoles, les moyens de subsistance des populations rurales pourraient s’effondrer sous la pression croissante des changements climatiques.
Face à des phénomènes tels que la hausse des températures, l’irrégularité des pluies ou la dégradation des sols, l’agriculture gabonaise — majoritairement familiale — se retrouve en première ligne. C’est dans ce contexte que la Banque mondiale présente l’agriculture climato-intelligente comme une solution structurante pour garantir la sécurité alimentaire, les revenus ruraux et la résilience long terme du pays.
Une agriculture menacée par les aléas climatiques
Les modèles climatiques cités par la Banque mondiale montrent que le Gabon fera face à une hausse des températures, à une variabilité pluviométrique accrue et à des cycles météorologiques plus extrêmes. Ces éléments affectent directement les rendements agricoles nationaux, l’accès à l’eau, la santé des sols et la productivité de la main-d’œuvre, rendant les villages et zones rurales particulièrement vulnérables.
Les pertes économiques projetées — entre 3,5 et 5,3 % du PIB d’ici 2050 en absence d’adaptation — incluent une part significative liée au secteur agricole, où les réductions de rendement et les maladies liées au climat pèsent déjà sur la production.
Prendre l’urgence de la mesure
Ces constats s’inscrivent dans une continuité d’avertissements déjà formulés par d’autres organismes internationaux. La FAO, par exemple, alertait dès 2017 sur la vulnérabilité des systèmes agricoles d’Afrique centrale face aux bouleversements climatiques, insistant sur la nécessité d’adopter des pratiques “adaptées au climat”. Ce message a été réitéré en 2022, lorsqu’elle appelait à intensifier l’assistance agricole face aux chocs climatiques de plus en plus fréquents.
Ces observations confortent les conclusions actuelles de la Banque mondiale : le climat est devenu l’une des premières menaces pour les moyens de subsistance ruraux.
Wilfried Nguema Mba






